Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.
Je dois vous avouer honnêtement que je fais partie de ces extraterrestres qui ne sont pas complètement obsédés par le foot. Pour être encore plus clair : je men fous comme de ma première chemise. Dans ces conditions, pourquoi me taper une pièce qui, apparemment, ne parle que de ça ? Ouais, mais là, cest Serge Valletti qui raconte, quand même. Je peux toujours écouter

Dautant que le metteur en scène Éric Louviot la très bien compris Roland Peyron est sans aucun doute possible lhomme de la situation. Pendant une heure et demie, il nous abreuve à la source du verbe vallettien, sans une goutte dennui. Il combat à mains et voix nues avec le texte, le tord, le remet déquerre, le déplie, le déploie, le ralentit, laccélère, le beugle, le sonorise, le vocalise, le faconde, le trucule, le renifle, lhumecte, le susurre, le marmonne, le taste, le mâche, le mastique jusquà lui faire cracher tout son suc poétique
Contrairement à lAngèle de la pièce, lui, il a la lumière à tous les étages. Cest fascinant de voir lintelligence quil a de son métier.