Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.
Le spectacle donné par le groupe Évasion au Théâtre du Chien-qui-fume reste un de mes meilleurs souvenirs de ce Festival off 2005.
Je ne ferai pas la description détaillée des chansons dÉvasion, titre par titre. Dabord, comme jétais constamment sous le charme lors du récital, je nai pas pris de notes sur mon calepin. Ensuite, à quoi ça servirait puisque, comme dirait Georges Brassens, « tout est bon [ ], ya rien à jeter ».
Évasion est composé de six jolies filles à la générosité cousue sur les lèvres, aux sourires craquants comme le pain qui sort du four, aux regards complices, à la musicalité irréprochable.

Ce qui, pour autant, ne veut pas dire quelles arborent un angélisme béat. Car ces citoyennes du monde poussent aussi des coups de gueule contre toutes les injustices et toutes les intolérances, quelles quelles soient, « même si, pour cela, on [leur] arrache au couteau tous [leurs] grains de beauté ».
Quand je les entends, je mets ma fatigue au rencard, jai le cur empli de paroles douces et tièdes, âpres et brûlantes. Je reçois aussi des bouquets dimages multicolores, venus de tous les horizons. Je suis emmailloté au chaud dans leur tapis de notes et, en même temps, bousculé dans mes certitudes (« Et sil y a tant de misère sur terre, cest grâce à toi, mon frère. »).
Grâce à Évasion, je sais maintenant que la voix est à la fois le plus bel instrument du monde et une arme de combat efficace.