Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.
La Passerelle est au Balcon avec « Bernard Dimey : roi de rien ». Vous pouvez y aller les yeux fermés.
Décidément et indiscutablement, la Passerelle a réalisé un travail remarquable avec ce Bernard Dimey : roi de rien. Comme dhabitude. Comme toujours depuis 1994 à Avignon. Inlassablement, obstinément, désespérément, Michel Bruzat et sa troupe orpaillent et cisèlent à Limoges des spectacles étoilés, des perles de nacre aux reflets irisés, des pépites incendiées, des brûlots poétiques. Le tout forgé à petit feu. Le feu de lart. Cest une des rares compagnies où je vais voir leur travail annuel en étant sûr de recevoir un cadeau. Le travail, cest leur métier.
Concernant Bernard Dimey : roi de rien, laction se passe dans un café (joliment reconstitué), « cette clinique de la tristesse », où le cur est un chasseur solitaire. Où les sensibilités au ras de la peau sobservent, seffleurent, se touchent, se caressent, se réchauffent au brasier de Dimey. Jusquau bout de la nuit. Au moins cette nuit-là.
Toute la troupe de Limoges est au-dessus de tout soupçon artistique. Mais Denis dArcangelo est un phare étincelant dans le brouillard de lâme, sur scène comme sil ne pouvait pas être ailleurs. Et je trouve Jean-Pierre Descheix grandiose, notamment dans Le Cul de ma sur.