Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.
J’ai démarré ce Festival d’Avignon 2005 par un bien joli spectacle : « Carnet de notes » de la lyonnaise Odyssée ensemble & Cie. Un apéro musical et théâtral très gouleyant à 11 h 11 pétantes.
Je ne ferai pas un article « classique » pour ce spectacle, Carnet de notes, parce que le plaisir, la joie, la bonne humeur, la beauté chorégraphiés, c’est difficile à mettre dans des boîtes de mots, à ranger dans un ordre très strict, avec des phrases bien alignées.
Ce qu’il faut savoir, c’est que je me suis beaucoup amusé en feuilletant ce carnet de notes de très haut niveau musical. Les six musiciens et leurs cuivres nous offrent un voyage sonore de haut vol dans des paysages extrêmement variés. Cela va de Besame mucho, de Consuelo Velasquez, à Pata pata, de Jerry Ragovoy et Miriam Makeba, en passant par Amarcord, de Nino Rota, Le Clan des Siciliens, d’Ennio Morricone, Marche pour les funérailles de la reine Mary, de Henry Purcell, Symphonie no 7 (allegretto), de Ludwig Van Beethoven, Mission : impossible, de Lalo Schifrin, et j’en passe et des non moins gratinées.
Car, indépendamment de la beauté musicale, les six Ostrogoths qui impriment leurs traces sur le beau plateau du Big Bang ne se contentent pas de délivrer leurs notes comme on délivre un colis : ils jouent la comédie avec un savoir-faire au-dessus de tout soupçon. Ils nous font rire et pleurer, nous font du bien, dans une mise en scène (André Fornier) très inventive, surprenante, émouvante, au cordeau. Et dans ce spectacle sans l’ombre d’une vulgarité ou d’une bassesse quelconque et d’une générosité sans faille, on n’est pas obligé d’avoir bac + 10 !
Bon, alors ! Qu’est-ce que vous attendez ?