Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

Publicité

Don Qui (Avignon OFF)

VOYAGE ESTHETIQUE AU PAYS DE CERVANTES

L’ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche de Cervantès est un des monuments de la littérature européenne. En tenter une adaptation théâtrale n'était donc pas une mince affaire... Mais en dirigeant son travail sur la retranscription du processus créatif de l'auteur du roman, la compagnie Pas de Dieux donne naissance à un spectacle aussi esthétique qu'ingénieux.

Sur scène, on aperçoit une grande étendue de draps beiges, un désert figuré. Rentre un homme presque nu. Il erre sans but, lorsque lui apparait un livre, l'idée d'un roman. Cet homme se vêt alors d'amples vêtements d'épéiste: Don Quichotte vient de donner vie à Cervantès. Cervantès doit maintenant donner corps à son œuvre...  Don Quichotte, samouraï errant ? Pourquoi pas. La troupe a choisi de déplacer le récit dans un monde onirique d'inspiration asiatique: une invitation à découvrir (ou à redécouvrir) cette histoire désormais célèbre, à travers différentes scènes-clés, devenues mythiques pour la plupart.



Une exploration du processus créatif

Manipulant accessoires et comédiens, les disposant sur scène et les animant... L'Auteur omniprésent, au rôle quasi divin, devient le centre de la pièce.
La compagnie, spécialisée dans le mime, nous présente ici un superbe travail autour du thème de l'imagination : l'imagination-créatrice de Cervantès et l'imagination « maniaque » de son héros. Sous l'action de l'écrivain, les vérités se transforment en chimères, les gueux en seigneurs et les moulins en géants... Dans cet univers instable, un tas de sable peut, par la volonté du Créateur, prendre les traits de la tendre Dulcinée. Chaque scène est un prétexte à des images sublimes.

Choisissant la voie du mime pour raconter l'histoire de l'hidalgo, la troupe restreint au maximum l'utilisation du langage. Ne subsistent donc que quelques bribes de narrations en français et, sur scène, des dialogues en japonais destinés plus à souligner une intention qu'à jouer un réel rôle de signifié. Le résultat est étonnant. Mais, le spectateur, s'il est parfois bousculé, n'est jamais perdu... à condition qu'il connaisse l'œuvre dans ses grandes lignes ! Car, à vouloir réduire au maximum l'utilisation du verbe, le fil narratif s'estompe parfois. Le spectateur néophyte, ne pouvant replacer l'action dans aucun contexte précis, finit par s'égarer et ne pas comprendre le sens de certaines scènes. Un petit bémol qui, pour autant, n'enlève rien à la qualité de l'ensemble. Don Qui reste un très beau spectacle

Sébastien COTTE

Photo © DR

Don Qui, au Théâtre Le Gilgamesh à19h45
Texte et mise en scène: Leela ALANIZ
Avec: Yuka FUKUSHIMA, Sergi EMILIANO, Won KIM, Sarjeev PURUSHOTHAMA
Musique: François BLAIGNANT
Lumières: Paul DIVEL
Costumes: Lara PERBELLINI
Scènographie: Elia DAVID

Réactions du public:

« C'est très beau, la mise en scène est fine. La pièce est une excellente retranscription de l'univers de Cervantès. L'idée de ce langage imaginaire est assez intéressante, elle laisse toute sa place au travail du comédien. Ayant lu Don Quichotte, je n'ai pas été perdue. Mais, c'est vrai qu'une personne n'ayant pas fait de même pourrait ne pas percevoir toute les subtilités du spectacle. »
Geneviève, 54 ans, enseignante




Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article