CANDEUR ET DECADENCE Dans Du vent dans mes mollets
, un franc succès sur scène puis en librairie, Rachel, neuf ans, livrait ses considérations à Madame Treblat, la psychologue, sur l'école, la maîtresse, les parents, les copines, la gauche, la droite, la vie, la mort. Aujourd’hui, celle à qui Raphaëlle Moussafir prête sa voix aborde le délicat passage de l’enfance à l’adolescence, dans l’attente de l’éveil du « petit endroit où il faut bien se savonner »… La salle, pleine à craquer, vient de passer une heure entière à rire de bon cœur : les applaudissements sont aussi spontanés que nourris. La raison d’une telle unanimité s’impose comme une évidence dans un festival où les spectacles humoristiques sont pourtant légion : une fois n’est pas coutume, l’humour n’est ici ni moqueur, ni vulgaire, ni absurde.
Et si c’est bien le regard que porte sur le monde une fillette d’une douzaine d’années qui déclenche l’hilarité, il ne s’agit pas de jouer l’enfant, mais de l'être. Howard Buten lui-même, pour qui « rien n’est aussi insupportable qu’un texte enfantin dans la bouche d’un auteur adulte qui joue l’enfant » trouva le talent de Raphaëlle si rare qu’il l’encouragea à publier le texte de son précédent spectacle, et en écrivit la préface.
Si depuis la petite fille a un peu vieilli, elle continue à disséquer l’impitoyable monde dans lequel elle évolue avec une maturité insoupçonnée et une lucidité déconcertante, tandis que la grande le singe toujours avec un don clownesque manifeste. Du père à la grand-mère, des fils du voisin à la jeune fille au pair, tous occupent le même corps et tout le monde en prend pour son grade. Et pour celui qui la contemple, la métamorphose devient fascinante, tant la comédienne parvient à doter chacun, à travers ses mots, postures et mimiques, d’une existence propre.
Cette chronique d’un âge auquel les adultes, jaloux, auront donné le nom d’ « ingrat » pleine d’humour, de tendresse et de nostalgie, aussi piquante que la moustache de Tante Huguette, serait bien en peine de ne pas vous faire rire…
Aurélia HILLAIRE
Réactions du public:
"Cette femme de trente ans traduit la vie de cette famille avec à la fois énormément d'énergie et de nostalgie. C'est celle de toute une génération: Candy, Les Champs Elysées -l'émission de Drucker- etc."
Vincent, 32 ans, journaliste.
Et Pendant ce temps-là, les Araignées tricotent des Pulls autour de nos Bilboquets
Création Avignon 2008
De et par Raphaëlle Moussafir
Mise en scène : Isabelle Jeanbrau et Alban Aumard
Costumes : Alice Touvet
Lumières : Nicolas Lamartine
Durée : 1h00
Au Théâtre des Béliers tous les jours du 10 juillet au 2 août à 12h30