PARODIE INUTILE
Cette proposition du groupe Superamas est une lourde et inutile imitation des clichés mièvres et idiots ainsi que des débordements sexuels d’une société nord-américaine nauséabonde et saturée. On n’en avait vraiment pas besoin ! Si L'on était présent dans cette salle, c’était croyant y échapper ou parce que justement tous les jours on essaie d’y échapper à cet imaginaire édulcoré rose bonbon, parfumé bons sentiments niais qui dégénèrent en un érotisme mou et laid, résultat de simples mécanismes d’approche absolument banalisés et donnant naissance à des orgasmes automatiques. On fait tout pour connaître la vie, la retrouver, la vivre et on va au théâtre pour renouveler les émotions et les images, et être plus près de la vie.L’imitation en est précisément aux antipodes.

Une chanteuse qui pleurniche une chanson d’amour, un groupe hard rock misogyne dont toute la provocation tient dans les cris, une discothèque où a lieu un concours de danse, trois femmes jeunes, belles et superficielles qui font de leurs profs de sport leurs amants d’une fois et la projection d’une séance de bio-danza, danse ridicule et sexuelle, sont les épisodes narratifs de ce travail.
L’idiotie, l’ensemble des relations sociales résumé à la seule relation sexuelle, le manichéisme, l’optimisme et le bonheur feints comme valeurs, la compétition, les avatars de justice et les bons sentiments en tout genre, le spectacle et la mode, la superficialité, sont moqués, mais c’est tout.
Certes l’imitation proposée par Superamas est relativement complexe et joue sur les notions de réalité et de spectacle – les voix des acteurs qui chantent au début s’éteignent progressivement au profit des voix des pops stars enregistrées. On ne sait pas si c’est l’imitation de scènes de vie représentées comme scènes de films et rejouées plusieurs fois, ou celle de véritables scènes de films desquelles des hordes d’américains se seraient inspirés pour vivre, ou si l'on est simplement sur le plateau d’une série télévisée, puisque les acteurs jouent sur leurs voix enregistrées. Qui est plus réel, le spectacle ou la réalité ? Qui était là avant ? Il n’y a, dans cette imitation, rien de plus que cette question posée.
Ce spectacle, dont l’exécution est au demeurant excellente, ne casse rien, ne menace rien et oblige à entrer dans un imaginaire que seul le refus de connaître menaçait.
Frédérique MUSCINESI
www.rueudtheatre.info
Big 3rd Episode : Gymanse Aubanel, à 18 heures jusqu'au 21 juillet 2007.
Mise en scène: Superamas
Avec : Alix Eynaudi, SUsi Wisiak, Agata Maszkiewicz et Superamas
Voix de doublage: Susanne Bentley, Allen Brownes, Tim Crouch, Alexis Destoop, Ted Fletcher, Marianne Groves, Jennifer Lacey, Andors Zinsbrowne
Photo © Ch. Raynaud de Lage/festival d'Avignon