En exclusivité pour RUEDUTHEATRE et pendant tout le Festival d'Avignon 2007, l'humoriste, comédien et auteur lyonnais Pascal Coulan nous raconte, vu des coulisses, le quotidien d'une troupe qui découvre pour la première fois les joies et les affres de la vie avignonnaise.
J-4 MOIS et deux semaines Les MISÉREUX cherchent LA salle. Celle de leur triomphe avignonnesque. Ils ont le choix, il y en a plus de 100 intra muros. 100 salles sur 1km carré ! Avignon est vraiment le plus grand festival du monde ! Jean-Pierre le metteur en scène se met au travail, aidé principalement de Catherine. Ce ne sera pas dur, puisqu’ils ont l’argent. Il leur faut une salle ni trop petite, car ils ont du décor, (un peu trop même selon Michel qui le porte souvent tout seul), et ils sont nombreux sur le plateau ! En plus ils courent. C’est Jean-Pierre qui avait eu cette idée de les faire courir tout le temps. Il s’était dit : « Planchon a bien fait carrière avec le galop de ses comédiens, pourquoi pas lui ! ». Et effectivement, « ça avait de la gueule », selon Catherine qui s’y connaissait en cavalcades. Même la presse locale de leur Province avait saisi l’importance théâtrale de ces courses incessantes. Du grand ThéÂtre quoi !
Il fallait donc une salle spacieuse ou les comédiens puissent courir pour rien dans un décor encombrant. Une salle qui puisse aussi accueillir plus de public que de comédiens ! Des salles comme ça, Avignon en regorge. Laquelle serait à la hauteur du talent des MISÉREUX ? Catherine appela le Public Off, vieille association qui tenta d’organiser peu à peu l’inorganisable, c'est-à-dire donner une unité au slogan « un pour tous et tous pour soi ». Ce ne fut pas facile, mais elle y réussit cependant. Catherine obtint très facilement une longue liste de salles. Puis elle appela l’AFC, une autre association plus récente qui tenta de reprendre une autre organisation du OFF, c'est-à-dire la même, mais différemment. Bien sûr c’est à n’y rien comprendre c’est pourquoi nous ne le tenterons pas pour l’instant. Plus tard. On essaiera. En tout cas, pour Catherine, cela faisait deux associations. Catherine récupéra donc une seconde liste. Deux associations deux listes, c’est logique pour 1km carré de pur bonheur théâtral. Nantie et fière de ces deux listes, Catherine, qui songeait en même temps à la probable garde alternée de ses enfants (« saloperie de juge qui n’y connaissait rien aux gosses »), appela les directeurs de salles d’Avignon. Assurément tous des connaisseurs de théâtre. Surtout pour beaucoup d'entre eux d’excellents gestionnaires.