PSY-CHÉDÉLIQUELes Lyonnais étaient au rendez-vous, samedi 16 décembre, pour venir applaudir le jeune célibataire – dixit l’artiste lui-même – mais néanmoins séducteur Chris Orlandi. Une heure de spectacle pour se délecter de ce joli minois et adhérer ou non à l’esprit déjanté de ce one man show, qui nous emmène dans le cadre intimiste de la psychothérapie. Sur scène, un mobilier de circonstance pour recréer l’atmosphère du cabinet « doctoral » ; dès lors, nous devenons tous, malgré nous, des analystes potentiels à l’écoute des états d’âme, angoisses et obsessions de l’humoriste. Mais ici, le divan apparaît comme symbole de la copulation, la psy Natacha devient tour à tour Mata Hari ou "Tabatacache" (ndlr, allusion à la star du X), et Freud qui veille du haut de son portrait n’est bon qu’à fredonner quelque rengaine. Très vite, la thérapie dérape et tout le monde en prend pour son grade. Fred, l’ex bedonnante qui s’en est allée avec une autre femme, le sexologue aux techniques de guérison contorsionnistes et ce cher public qui comptait rire, sans se mouiller, du ridicule du personnage.

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Ah ! Qu’ils devaient nous envier ces spectateurs privilégiés des rangs d’honneur, mis au banc de touche sous nos yeux moqueurs ! Car de conseils de drague en intrusion dans la vie de couple et petits pics cinglants sur les capacités de compréhension de son auditoire, rien n’arrête Chris Orlandi. Un show euphorisant tant l’hystérie du patient est ici exacerbée. Au nombre de ses symptômes se comptent des hallucinations auditives ; des intermèdes musicaux ponctuent ainsi la représentation et laissent Chris Orlandi pousser la chansonnette et se déhancher frénétiquement jusqu’au retour soudain à la réalité.
Le salace, ça lasse...Surprenant ? Certes ! Hilarant ? Peut-être moins. Comme quoi le comique de répétition n’a pas son effet garanti. On s’attarde davantage sur le travail de la langue où les pirouettes stylistiques égalent les jeux de mots humoristiques. Distorsions, liaisons et art de scander farfelus des phrases et des mots font renaître Paul… Nareff ou nous convertissent au Christophisme. Pas de panique, le malade souffre sûrement de dyslexie ! Cette façon qu’a le comique de rebondir sur les syllabes et consonances pour faire surgir des idées inattendues et presque outrancières, crée des connivences avec les bons bouffons que nous sommes, et nous octroie quelques moments de franche rigolade. Mais attention à ne pas tomber dans la facilité. Car si les métaphores et périphrases s’avèrent maniées avec talent, elles n’empêchent pas de rendre prévisibles quelques saynètes et donc d’en amoindrir le résultat. Le sujet est bien choisi et offre d’importantes ressources cocasses et drolatiques, mais on est en droit de regretter certaines facéties dues à la pléthore de propos graveleux déjà maintes fois utilisés dans le circuit humoristique. A la fin, le salace, ça lasse...
Anne CARRON (Lyon)
Je suis fou de ma psy One man show de Chris Orlandi
Le 16 décembre à la Salle Rameau, 29 rue de la Martinière 69001 Lyon
En tournée le 31 décembre, au Théâtre du Monte Charge à Pau, les 12 et 13 janvier 2007 au Vertigo à Nancy, en mars 2007 au Koek’s Théâtre de Bruxelles, les 12 et 13 mars 2007 au Théâtre de Poche à Sète, en mai 2007 au Théâtre de la Marguerite à Antibes et en juillet 2007 au Festival Off d’Avignon.
Cool Production : Tel : 01 42 47 02 33 - GSM : 06 03 53 98 73