QUÊTE DE L'AMOUR ET SA TRANSMISSION
La vie c’est bon, et ça se boit sans modération. Mais avant d’en arriver là, il faut se débarrasser de nos hérissons qui piquent, des peurs de l’enfance : la peur du noir, des sorcières, des monstres, les peurs inexpliquées ou les peurs sans noms. C’est-ce que livrent au public trois femmes, filles, petites filles mutines et drôles dans de fantasques espaces de créativité qui, s’ils semblent tous semblables, dévoilent des personnalités différentes toutes apeurées. Mais que signifie être soi ? Que faudra-t-il quitter ? Où faudra-t-il se rendre ? Et s’il s’agit d’une femme ? Ces questions existentielles sont délicatement posées dans cette pièce de théâtre musicale et enjouée.
« C’est un cabaret pour dire je t'aime, j'ai peur, pour mieux en rire et se regarder d'en haut ou d'en dessous, de dos ou de travers et puis dans les yeux, parce que finalement : c'est pas grave ! » révèle le metteur en scène Laurent Cappe.
« Des coeurs en tempête, comme on collectionne des migraines sur le bitume et voilà trois donzelles aux amours chagrines qui vitupèrent pour ne pas qu'on les assassine, parce qu'au final, la vie c'est bon, ça se boit sans modération et en chansons. »

Un long périple vers l’accomplissementLa compagnie Rollmops, originaire de Boulogne sur Mer, dans la Pas de Calais, a progressivement construit son théâtre autour des textes et de la chanson par goût de livrer au public un spectacle vivant. Pour être simple, et l’auteur de la pièce, François Chaffin, ne nous contredira pas : il s’agit là de la vie des femmes. Trois comédiennes et une musicienne racontent de notes en refrains leurs vies de petites filles puis de femmes. Un long périple vers l’accomplissement. Chacune d’elle évoque sa naissance, ses peurs et ses rêves d’enfance, le poids de ce qui lui a été transmis par sa mère. Et les mots et les caricatures claquent à la figure dans un duo de rire et de gravité. Finalement, c’est avec tendresse que l’on accueille les scènes aux tonalités changeantes. Transmettre et se libérer sont deux mots qui résument assez bien l’exercice auquel les comédiennes se prêtent tout au long de la pièce. Tout cela pour accepter elles aussi leur rôle de mère, donner la vie, envisager l’avenir. Chacune d’elle incarne une féminité particulièrement fragile, plaisante et tendre, ponctuée de doutes.
"L'autre versant..."Tout commence par un message sur le répondeur signé : c’est Maman ! Ensuite, les trois comédiennes pointent leurs nez derrière un rideau blanc et de leurs ombres dévoilent leur enfance. Le cabaret est rythmé de refrains hilarants : "we are partir"…., "trois women in the way"… Et le public voyage dans cette ambiance, celle d’une pièce qui alterne chansons et parties plus jouées. L’autodérision qui caractérise le récit fait de ce cabaret une comédie parfois cruelle mais surtout touchante et drôle. Et puis, c’est quoi une femme ? C’est une personne avec quelque chose à l’intérieur ?
Si le talent des comédiennes est flagrant dans ce cabaret, on ne peut méconnaître la juste sensibilité de François Chaffin, l’auteur, qui pose sur les femmes un regard qui s’empare de l’indicible.
Quant à la musique, Amandine Demarcq accompagne ce cabaret avec une tonalité juste et discrète. La finale offre un plongeon dans la féminité avec l’interprétation de Ballade pour Ibiza de Jacques Higelin :
« Peut-être que ce qui m’attire en toi n’est rien d’autre que l’autre versant de moi… ». Tout est dit.
Christelle ZAMORA (Montpellier)
Le Cabaret de la dernière chance Ce spectacle a été joué au Théâtre d’O à Montpellier les 4 et 5 octobre 2006.
Mise en scène : Laurent Cappe Textes : François Chaffin Musiques : Amandine Demarcq Interprétation : Fanny Chevalier, Stéphanie Constantin, Virginie Peres Compagnie Rollmops Théâtre (Boulogne sur Mer).
Tel : 04.67.67.73.73