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Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

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La culture en Europe: enjeux et dérives

Compte-rendu d'une rencontre au Théâtre des Doms le 19 juillet 2006.

Les 1er et 2 septembre prochains, à Bruxelles, aura lieu un colloque dans le cadre du festival international de danse Bellone Brigittines, afin de mettre en lumière un certains nombre de problématiques relatives à la création et à la diffusion d’œuvres chorégraphiques. Ce sera l’occasion de s’interroger sur la place réservée à la culture en Europe, sur « la solidarité culturelle et l’identité artistique ».

Les liens qui unissent les Brigittines avec les Hivernales autour du réseau Trans Danse Europe, ont permis d’annoncer le sujet et de commencer une brève approche à Avignon lors des rencontres qui ont eu lieu au Théâtre des Doms. Véronique Barcelo (chargée de projets culturels), Céline Bréant (coordinatrice du réseau Trans Danse Europe), Patrick Bonté (chorégraphe et directeur artistique du festival Bellone Brigittines), Michel Jakar (réalisateur), et Anne-Marie Autissier (Enseignante à l’Institut d’études européennes de l’Université de Paris VIII, Présidente de l’association qui édite la revue Culture Europe International) se sont exprimés sur les enjeux de la mise en réseau. Voici une trace des idées avancées à cette occasion.

« Si c’était à refaire, je commencerais par la culture. »

Cette phrase, attribuée à Jean Monnet, suggère à quel point la culture tient la place du parent pauvre dans la construction européenne. En effet, celle-ci est historiquement liée aux activités économiques et commerciales. Il faut attendre le Traité de Maastricht du 7 Février 1992, pour voir inséré un titre sur la culture. Au moment où l’Union prépare son avenir politique, au moment où elle accueille dix nouveaux membres, la culture, ferment pour l’intégration et le rayonnement de l’Europe n’est accompagnée que fort lentement et avec peu de moyens (le projet culture 2000 représente 0,03% du budget de l'UE).

Les premiers réseaux dans les années 70 se sont constitués afin d’influencer ce processus et de l’encourager. Les gestes pionniers des premiers créateurs de réseaux se sont fondés sur une approche plurielle permettant des forums de rencontres et d’échanges, d’apprentissages réciproques et de discussions et en générant à terme, la création de projets communs entre leurs membres. C’est le cas de l’I.E.T.M (Informal European Theater Meeting) ou de Trans Europe Halles. Ces premiers réseaux historiques, qui n’ont d’ailleurs pas disparu, ont généré une dynamique de création des réseaux. Ceux qui ont émergé à partir des années 90 sont plus spécialisés, plus restreints en terme de membres et se forment autour de la réalisation d’un projet artistique. Entre le désir d’une fluidité d’échange et la peur d’une « perte d’identité » des territoires nationaux, les réseaux sont-ils en mesure et prêt à prendre en compte les disparités culturelles entre Etats ?

De l'utilité des réseaux transnationaux

Ces problématiques sont de plus en plus reprises par les réseaux dont les actions transnationales et interculturelles entraînent la collaboration de milliers d’individus et participent à l’édification de l’Europe. Le réseau Trans danse Europe (festival de danse itinérant mis en place par les Hivernales et les structures de 8 autres pays) apparaît comme un exemple pertinent quant aux répercutions que suscitent la mise en place d’un réseau en termes d’échanges, d’aide à la diffusion, de réflexion et de soutien à l’œuvre chorégraphique. Les réseaux sont devenus un outil d’expression très apprécié, qui ignore les frontières et transcendent les disciplines. Ils sont les moteurs du travail culturel en Europe Aujourd’hui, ils constituent des outils de mobilité, des lieux d’innovation et d’invention tels, qu’on a le sentiment qu’ils sont une réponse possible à toute question d’envergure européenne. C’est ce que souligne Anne-Marie Autissier dans L’Europe culturelle mise en pratique. La mise en réseau s’impose comme un lien transversal entre Européens face à la verticalité des programmes. Lieu d’un pouvoir partagé, évolutif et non hiérarchique, les réseaux apparaissent comme les garants d’une société civile européenne en voie de constitution.

Pauline BARASCOU
www.ruedutheatre.info
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C
Bonjour, l'auteur de la phrase "si c'était à refaire, je commencerais par la culture" est de Jack Lang. Jack Lang a rédigé un courrier il y a queques années pour reconnaitre la paternité de cette phrase (qui ne ressemble absolument pas à Jean Monnet par ailleurs ). je peux vous procurer une copie du courrier de Jack Lang si vous le souhaitez.<br /> Bien cordialement<br /> Benjamin Chassaing
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R
Monsieur, nous savons effectivement qu'il s'agit là d'une phrase apocryphe attribuée à Jean Monnet, sans doute notre journaliste aurait-elle du le mentionner ; et vous êtes bien placé, mieux que quiconque, pour établir la lumière sur ce qu'il en est réellement ; nous vous remercions grandement de votre précision ; sait-on pour autant qui en est l'auteur et pourquoi cette phrase est attribuée à Jean Monnet... ?<br /> Cordialement,<br /> La rédaction.
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J
Je suis tout fait solidaire de votre combat pour la défense et la promotion de la culture européenne, mais je dois vous faire remarquer que Jean Monnet n’a jamais prononcé la phrase qui lui est fréquemment attribuée : « si c’était à refaire , je commencerais par la culture… ». En 1950 , quand a été lancé le projet de « Communauté européenne », (Déclaration Schuman, inspirée par Monnet), le Conseil de l’Europe existait déjà depuis 1949 et avait notamment la culture dans ses compétences.<br /> <br /> J.-R. Rabier<br /> ancien directeur du cabinet de Jean Monnet
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