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Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

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Elf, la pompe Afrique

UN ANTILIBÉRALISME  QUI POMPE L'AIR

L’année dernière, au Théâtre de la Manutention, salle au sein du cinéma Utopia, le spectacle Elf, la pompe Afrique, monologue de Nicolas Lambert, avait conquis un grand public et il était devenu l’un des grands succès du Festival Off d’Avignon 2005. Le texte joué par Lambert, accompagné par les musiques d’Hélène Billard et de Seydina Insa Wade, retrace le procès intenté par la compagnie pétrolière Elf à trente-sept prévenus dont Messieurs le Foch-prigent, Sirven et Tarallo. Lambert joue les rôles de tous les personnages du procès, qui s’est déroulé de mars à juillet 2003. Le cas Elf révèle la corruption chez les directions de grandes organisations économiques et sociales. Le spectacle est une forte critique d’un système abstrait, monopolisé par le pouvoir de l’argent, où tout homme est soumis aux lois de la compétition et de l’exploitation.

Photo © Benoît Acton

Cette année, nous nous sommes présentés à la Manufacture, théâtre d’Avignon qui a repris le spectacle de Lambert. Elisabeth Tréhard, chargé de la diffusion de la compagnie de Lambert, Un Pas de Côté, attend à l’entrée du théâtre. Après le succès et la tournée de la dernière année, la liste d’attente est longue à la billetterie. Nous avons réservé comme journaliste, donc nous devrions avoir une entrée gratuite, puisque nous écrirons aussi un article sur le spectacle. Elisabeth Tréhard nous dit de payer 11 Euros. Nous expliquons qui nous sommes. Elle nous explique que c’est pour cela qu'elle nous fait payer : seulement les programmateurs et les journalistes de quelque renommée peuvent entrer gratuitement. On croit rêver. Nous avons vu d’autres professionnels payer pour entrer, après qu’ils aient acheté une carte de 25 euros aux bureaux d’Avignon Off, pour être identifiés comme professionnels. A chaque spectacle l’accueil est différent, tout comme les prix des places, qui peuvent aussi rejoindre ceux d’Avignon In (en théorie critiqué parce que trop cher). Elf, la pompe Afrique a commencé à être joué dans des salles vides. Sûrement à ses débuts, chaque journaliste pouvait entrer gratuitement. Depuis, il a eu du succès et ce spectacle contre le fric se permet avec un bel aplomb d’employer les règles du commerce et de l’argent. Contradiction : la compagnie Un Pas de Côté fait payer cher aussi les places à tarif réduit, pour faire entendre un monologue contre l’argent. On apprend vite.... Un sacré pas de côté... Devant tant de duplicité, nous ne sommes naturellement pas entrés.

Mattia SCARPULLA
www.ruedutheatre.info

Elf, la pompe Afrique, mise en scène et interprétation de Nicolas Lambert, compagnie Un Pas de Côté, est représenté du 6 au 27 juillet à la Manufacture, Festival Off d’Avignon Informations : 01 40 84 09 84 - 06 03 50 52 98 www.unpasdecote.org
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R
Cher Monsieur, nous ne comprenons guère la forme de votre commentaire pas plus que nous ne semblons à vos yeux saisir le fond de votre discours, mais la liberté d'expression sur Internet comme partout ne vous permet guère des procès en "compétence" ou des vaticinations sur notre "carrière dans les médias" qui n'ont pas attendu et n'attendront pas après vous.<br /> <br /> Quant à qualifier Ruedutheatre de "média dominant", cette injure nous honorerait si nous ne poursuivions nous-mêmes l'objectif d'offrir une alternative à une presse traditionnelle où la part consacrée au théâtre est toujours plus déclinante.<br /> <br /> Par ailleurs, ce n'est pas un dû qu'un journaliste soit invité dans un spectacle, mais une tradition compte tenu de ce que vous devriez savoir de l'histoire et des conditions d'exercice de notre métier. Il ne s'agit pas de passe-droit. <br /> <br /> Nous avons juste mis en débat que faire payer des journalistes pour un spectacle alors que vous comme d'autres considèrez les journalistes comme des attachés de presse plutôt que comme des critiques ne manque pas d'ironie.<br /> <br /> Pour le reste, notre rédacteur prendra la liberté et jugera de l'intérêt de vous répondre. Ou pas.<br /> <br /> La rédaction
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N
Bonjour, je suis Nicolas Lambert et je découvre au hasard d\\\'une recherche sur internet votre article. Voici donc une réponse.Nous avons réservé comme journaliste, donc nous devrions avoir une entrée gratuite, puisque nous écrirons aussi un article sur le spectacle. D\\\'où vient donc ce postulat ? D\\\'où un journaliste ou une personne qui se présente comme telle aurait droit à une entrée gratuite ? Mais passons à la suite de vos propos. On croit rêver. Nous avons vu d’autres professionnels payer pour entrer, après qu’ils aient acheté une carte de 25 euros aux bureaux d’Avignon Off, pour être identifiés comme professionnels.(...) Elf, la pompe Afrique a commencé à être joué dans des salles vides. Sûrement à ses débuts, chaque journaliste pouvait entrer gratuitement. Depuis, il a eu du succès et ce spectacle contre le fric se permet avec un bel aplomb d’employer les règles du commerce et de l’argent. Contradiction : la compagnie Un Pas de Côté fait payer cher aussi les places à tarif réduit, pour faire entendre un monologue contre l’argent. On apprend vite.... Un sacré pas de côté... Devant tant de duplicité, nous ne sommes naturellement pas entrés.<br /> <br /> cette conclusion m’amène à vous faire plusieurs remarques: d’une part ce n’est pas un "spectacle contre le fric" mais sur l’attitude face à l’argent (et la votre est intéressante) plus précisément sur la corruption et le disfonctionnement de gens face au pouvoir. Je constate que vous avez le pouvoir de parler de spectacle et de \\\'en dire ce que vous en voulez. C\\\'est votre droit. <br /> Mais que vous soyez incompétent est plus contrariant.  <br /> Si vous vous étiez un tant soit peu intéressé à ce spectacle vous devez savoir qu’il n’est ni soutenu ni subventionné d’aucune façon. <br /> Si vous vous intéressiez un tant soit peu aux artistes sur lesquels vous écrivez, vous sauriez que pour jouer dans le festival off d’Avignon, c’est un investissement énorme – pour nous, c’est plus de 17 000 € – et que certains spectacles – dont le notre – ne fonctionnent que sur leur recettes propres. Il se trouve que nous pratiquons cette politique. Que sur les 200 représentations qui précèdent je ne m’en suis payé qu’une petite moitié, que je fais moi-même cette réponse, comme j’ai écrit et mis en scène cette pièce, comme j’ai dessiné les affiches et les tracts qui vous ont amené voir cette pièce. Comme j’ai distribué moi-même ces tracts et collé ces affiches. Que tous les journalistes qui ont vu ce spectacle ont payés leur place avant d’écrire leur papier quand j\\\'en suis le producteur. <br /> <br /> <br /> Que vous soyez vexé par un accueil peut être rude par des gens qui en ont par-dessus la tête des gens qui viennent demander un passe-droit sous prétexte qu’ils ont un petit bout de pouvoir est une chose. Une chose pitoyable peut-être, mais qui vous regarde.<br /> Que vous profitiez de votre pouvoir pour cracher sur un spectacle que vous n\\\'avez pas vu et dénoncer "la duplicité" de la compagnie qui le produit est précisément un abus de pouvoir de l’ordre de ceux que je dénonce dans cette pièce de théâtre. <br /> Approximations, inventions et vindicte à l\\\'emporte pièce... félicitation, votre carrière dans les médias dominant est toute tracée.<br /> Nicolas Lambert<br />
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