LE PIRE DU COUPLE, LE MEILLEUR DE LA DANSELa télévision, les pommes de terre à éplucher, tenue correcte exigée et autorité masculine de rigueur, il serait presque opportun de convoquer la chanteuse Anaïs pour son titre
Je haiiiiiiiis les couples, enfin celui là… même si l’on est surpris par cette vacherie de tendresse qui sait si bien succéder à la tempête.

Christine Bastin et Thomas Lebrun unis pour le pire du couple et le meilleur de la danse. Ils vivent leur histoire devant ce petit écran qui égrène une actualité tempétueuse du tsunami au Titanic. Une vague de tourment déferle sur leur quotidien. Lui, est un râleur légèrement "beauf", la fluidité du geste en plus. Elle, est une épouse modérée et patiente qui semble dès le départ aspirer à une musique quotidienne plus poétique et à une pointe d’amour un tantinet « fleur bleue », comme le suggèrent les pétales de rose qui s’évadent de ses tenues.
Au travers ces deux personnages, Christine Bastin opére un débroussaillage des relations humaines et trouve un mouvement pertinent à chaque situation vécue par le couple. Une danse sensible et palpable se déploie, assurant le passage de l’art à la vie. Les deux interprètes nous convient par leur émouvant échange corporel à un bain d’humilité. Juste poignants, ils laissent leurs corps s’emmêler et leurs esprits se troubler.
L’attirance et la joie dont « Elle » et « Lui » sont envahis jusqu’à l’ivresse laisse bientôt place à une série de désaccords et de reproches dont la danse se fait l’écho. La gestuelle expressive est quasi mimétique, reprenant tour à tour les états d’âme du couple et ses pensées inavouées. Toujours rattachée sur le plan de la narration à des détails matériels, l’entente fluctuante du couple frôle, par moment, les clichés les plus redoutés. On est tenté de faire abstraction d’un décor dont l’absence n’aurait pourtant pas privé la danse de sa portée narrative.
Thomas Lebrun, s’accommode, ceci dit, avec brio de cet homme éconduit devenu irascible. Christine Bastin se révèle poignante dans le rôle de cette femme douce et ferme, partagée entre sa naïveté enfantine excessive et sa qualité de femme. Cette pièce confère à la chorégraphe une nouvelle occasion de s’interroger sur la question jamais épuisée de l’ordre et du désordre des choses de la nature humaine. Une pièce ni prétentieuse, ni périlleuse que l’on découvre avec simplicité.
Pauline BARASCOU
www.ruedutheatre.info
Même pas seul, du 7 au 29 juillet, Chorégraphe Christine Bastin
Danseurs : C. Bastin, T. Lebrun
Collège de la salle place Pasteur 84000 Avignon Tél. 04 90 82 26 92