LA CONFESSION D’EMILECélèbre pour son cycle romanesque des Rougon Macquart et autre « J’accuse », Emile Zola n’aurait sans doute pu devenir « Zola » sans Alexandrine. Son épouse ambitieuse et aimante. Un couple complexe et tendre, que la compagnie Le Pan-théâtre met en scène pour une ultime nuit.Que pouvaient donc se dire dans l’intimité les époux Zola ? De quoi étaient faites leurs soirées, leurs humeurs, leurs disputes ? Nul ne le saura évidemment jamais. C’est pourtant dans cet univers intimiste que Joëlle Fossier (l’auteur), et avec elle le Pan Théâtre, nous invitent l’espace d’une soirée. Il y a là Emile et Alexandrine. Un couple comme tant d’autre et pourtant pas tout à fait comme les autres. Les mêmes déchirures, les mêmes espoirs. La notoriété, le talent et le courage de leurs convictions en plus. Il s'agit ici d’une création. Au vrai sens du terme : le spectacle (texte et jeu) fait ses tous premiers pas à Avignon. Mais il s’y écorche pas mal les genoux. Pas du fait des comédiens d’ailleurs. Céline Monsarrat et (surtout) Michel Papineschi s’en sortent très bien. Ils vivent leur rôle avec une authenticité toute à leur honneur. Pas du fait non plus de la mise en scène. Relativement fluide et discrète, elle se coule dans l’ensemble et laisse place au jeu et au texte. Et c’est sans doute là que le bât blesse. Car si l’ensemble est parfois un brin décousu, on déplore surtout l’absence de réelle intensité dramatique.

Bien que soutenu par l’association Beaumarchais, généralement gage de qualité, ce texte nous plonge dans la dernière soirée de Zola sans arriver à nous en faire ressentir la trame. Les confessions de Zola à sa femme semblent un peu creuses et les réactions de cette dernière relativement peu crédibles. Sans compter quelques anachronismes verbaux… Difficile donc de rentrer totalement dans l’histoire. D’autant que le décor hésite entre réalisme et épure, entre référence historique et fonctionnalité ou modes contemporaines. Le tout donnant une désagréable impression d’à-peu-près. Quant à la création lumière, inexistante ou presque durant la première partie de la pièce, elle se fait par la suite hésitante. N’arrivant pas assez souvent à souligner le cheminement de l’histoire. Décevant.
Karine PROST
www.ruedutheatre.info
Les Zola, de Joëlle Fossier
Mise en scène : Joëlle Fossier
Avec : Céline Monsarrat et Michel Papineschi
Lumières de Xavier Lazarini
Décors de François Crepin
Festival Off Avignon – Théâtre du Bourg Neuf – 5 bis rue du Bourg Neuf
Réservation : 04.90.85.17.90
Du 7 au 29 juillet à 15h00