Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.
Dans le cadre des « Périphériques », VIe Rencontre européenne Théâtres Banlieues, la compagnie parisienne Waïtouké donnait « Être noire », de Claire Denieul et Thérèse Bernis.
« Pour Être noire, Waïtouké travaille en relation avec le réel. Il ne sagit plus de faire entrer la fiction dans un environnement existant, mais de confronter une personne réelle avec sa mémoire, son histoire, à un espace, un temps théâtral tel que lest la représentation », affirme le dossier de presse du spectacle. Admettons.

De quoi sagit-il ? De la vie cabossée dune femme de ménage noire et exilée. La plupart du temps racontée par une comédienne blanche (« afin dintroduire la distanciation nécessaire », indique aussi le dossier : ah ! bon, pourquoi nécessaire ?), dont les phrases sont souvent ponctuées des « Ça, cest bien vrai ! », « Ah ! oui alors » et autres acquiescements, modulés par l« actrice » noire, Thérèse Bernis, présente parmi les spectateurs. Tout le début est comme ça, et je nai pu mempêcher de penser que jallais beaucoup mennuyer. Dautant que la plupart des propos sen tiennent au constat des malheurs et des malchances du personnage noir. Souvent, jai eu envie de dire : « Oui, et alors ? »
Heureusement, Thérèse Bernis finit par descendre dans larène et occupe plus de place. Sa place ? Et il est vrai que cette femme a un charisme et une présence sur scène très étonnants. De là à ce que je la considère comme une grande comédienne, il y a un pas que je ne franchirai pas.
De même, de là à considérer Être noire comme une pièce de théâtre, les deux musiciens comme nécessaires, la mise en scène comme utile et chargée de sens, il y a un autre pas que je ne franchirai pas non plus.