Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.
La compagnie La Naïve, de Pertuis, jouait les 17 et 18 mars 2005 « Circus circus » au Théâtre des Halles.
Cest la cinquième création de la compagnie La Naïve après Blanche Aurore Céleste, Toreros de salon, La Médaille et Cabaret vol-au-vent. Toujours du travail à lancienne, patiemment peaufiné et patiné à la main.

Mario et Pitone débarquent dans un cirque, nommé Circus circus. Mais rien ne va plus. Les artistes et les animaux sont coincés à la douane, et M. Loyal, en dépression, a perdu le précieux médicament de la joie. « Même son corps ne sait plus rire ! » diagnostique Pitone. Comment faire ?
Voilà un spectacle qui donne du baume au cur. Et qui inocule, à petites doses répétées, le sens et le goût de la subversion, de la résistance. Autant aux petits quaux grands. Parce que Circus circus les respectent, en tant que personnes et en tant que citoyens. Nous sommes à des années-lumière des grasses bassesses abrutissantes usinées par les salauds préposés à lopium du peuple.
Par ce touchant hommage aux « entrées clownesques » du XXe siècle débutant, La Naïve nous ouvre les portes dorées de limaginaire et de lamitié, sans lesquels notre vie ne serait quun naufrage.
Hervé Pezière compose avec une belle autorité un clown blanc denvergure. Jean-Charles Raymond, lui, interprète avec fougue et candeur un Auguste au cur denfant. Patrick Henry, enfin, incarne avec finesse un M. Loyal étriqué, déprimé et ressuscité. Tous les trois samusent et nous amusent, grâce à une complicité à fleur de jeu.
Les lumières de Valérie Foury épousent les situations et caressent les comédiens. Cest un très beau travail. Les jolis costumes de Maguy Dogliani étonnent par leur invention, leur modernité dans le respect des traditions. La mise en scène, fluide et rythmée, a lélégance de se faire oublier.