Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.
Un bon quart dheure réjouissant et puis, plus rien. Ou plutôt des partitions d'acteurs qui deviennent réellement frauduleuses.
Tout commence par un savoureux cours à lécole, avec ses chamailleries, ses apprentissages par cur, la formation du caractère, et naturellement la dénonciation dun certain totalitarisme en matière déducation mais aussi comment lécole est un efficace véhicule des idéologies. Jubilatoire avec un quatuor de comédiens dune exceptionnelle drôlerie et de jolis moments de cruauté enfantine. Excellent Yann de Monterno, plus vrai que nature. Dans cette partie, cest du Beckett ou du Ionesco. Visniec nous a habitué à des voyages en Absurdie, même sil en fait rarement lélément central de ses pièces, davantage une toile de fond.

Ensuite, laction et les personnages partent en vrille. Cest le naufrage. Médusés, on assiste à un festival dincongruités, un comique de répétition roboratif, une loghorrée fastidieuse. Lidée consistait à montrer dans les saynètes suivantes comment les mêmes personnages vivent leur cycle de vie, le bureau, les relations de couples, puis vers la fin, le bar, où tous dégueulent leurs insignifiantes conditions. On comprend seulement que le sexe est un moteur vital dans tous ces univers, mais lensemble est si proche de la réalité, la rejoignant dans sa banalité, que le talent des comédiens et leffort à nous toucher demeurent insuffisants. Les spectateurs quittent la salle en grappe devant ce Visniec en somme bien déroutant. A y perdre son roumain.