LE RIRE EST LE PROPRE DU CLOWN
À l’Espace Roseau le clown Buno fait le clown pour le plus grand plaisir des petits et des grands. Il faut s’y précipiter, même si ce type d’incitation vous est trop souvent fait.
Il est difficile de parler des clowns. Il faut absolument parler des clowns. Il faut aujourd’hui parler de Buno. Car Buno ne parle pas. Il est l’homme d’avant l’invention de la parole. Les petits bruits qu’il émet suffisent à dire ses joies, ses peurs, ses étonnements d’être là, comme au premier matin du monde, comme au temps des premiers vagissements, des premiers balbutiements, des babils du nourrisson. Et puis, il y a les objets, leur méchanceté intrinsèque, disait Gide. Buno se bat avec eux et, grâce à d’étranges subterfuges, finit par les plier à sa volonté. Et puis il y a le corps. Capricieux lui aussi. Qui résiste à certaines performances.
Un corps à corps perdu et retrouvé Mais Buno le clown est un obstiné. S’il échoue, il recommence. Il s’affale sans se faire mal, saute par-dessus les obstacles les plus difficiles et se prend des gadins pour des riens. Comme tous les grands clowns, Buno se compose aussi un personnage. Sa tignasse rappelle Beethoven ou Einstein, son costume de cuir quelque rocker retombé en enfance. Mais, inutile de s’étendre en vains propos. De vous raconter les inventions loufoques de cet artiste hors pair. Il ne faut pas parler des clowns, il faut aller les voir. Surtout celui-là.
Yoland SIMON
Buno (circus solo) tous les jours du 10 juillet au 2 août, à l’Espace ROSEAU à 20H30
Interprète Bruno Robert
Regard complice Edmond Morsili
Lumière Clément Patard
Régie son Vincent Guillermin