LE LABYRINTHE DES JONGLEURS DE BRIQUES Quelques briques en bois, cinq épais panneaux de même matière, quatre pitres jongleurs, une série limitée d’accessoires, voilà qui est suffisant pour produire une prestation burlesque virtuose dans laquelle les gags ne se comptent plus. D’abord, quelqu’un se cache derrière les panneaux verticaux, se dissimule pour échapper à un poursuivant invisible. Très vite, cela prend l’allure des cache-cache chorégraphiés des films muets ou des dessins animés. Le ton est donné. Il sera constant : farfelu, bouffon, clownesque.

Ensuite chacun occupe l’espace avec, comme pour les 7 nains de Blanche-Neige, des aspects typés dans l’apparence et les mimiques. L’un est fanfaron, l’autre bougon, le troisième farceur, le quatrième plutôt benêt. Mais tous possèdent une identique maestria de jongleurs et d’acrobates. Si bien que rien ne demeure jamais immobile, figé.
Aucun temps mort L’espace est sans cesse remodelé par le déplacement des panneaux. De labyrinthe, il devient architectures mouvantes comme le permettaient les jeux de construction de l’enfance mais à une échelle géante cette fois. Pas besoin d’échelle d’ailleurs, pour escalader, arpenter les surfaces, dévaler les pentes, frissonner au moment de déséquilibres vertigineux.
Pas le moindre temps mort. Aucun gag qui se répète. On pressent la connivence qui lie les membres du quatuor. On adhère au refus de la violence, de l’agressivité, de la vulgarité. On s’abandonne à un rire salvateur qui ne s’appesantit aucunement sur les inévitables victimes successives d’une farce, d’une maladresse, d’un excès de confiance en soi.
Michel VOITURIER
Au théâtre des Doms, rue des Escaliers Ste Anne, à 14h jusqu’au 27 juillet (0490 14 07 99)
Les Pas perdus
Interprètes : Benji BERNARD, Etienne BOREL, Christian GMÜNDER, Philippe VAN DE WEGHE
Mise en scène : Louis SPAGNA
Eclairages : Stef DE STROOPER
Régie : Anne STRAETMANS
Costumes : Benoît ESCARMELLE
Coproduction : Service du cirque, arts forains et arts de la rue de la Communauté française, la Roseraie (Bruxelles), Latitude 50° (Marchin), Centres culturels de Braine l’Alleud et de Engis, Humorologie.
Photo © Antoinette CHAUDRON