SURVIVRE A L’AMOUR Touchant monologue sur le thème de la perte de l’être aimé, l’Inattendu
de Fabrice Melquiot relate le douloureux travail de reconstruction d’une veuve qui tente, tant bien que mal, de continuer à vivre après la disparation de son cher et tendre. Un difficile rôle de composition pour Wilma Lévy qui nous offre un spectacle poétique et profond. Seule dans sa chambre, une bouteille de chagrin à la main, une veuve, ivre de tristesse, célèbre l’anniversaire de la disparition de son compagnon. Refusant d’abord d’admettre qu’elle ne le verra plus, elle veut voir dans les flacons qu’elle trouve à son chevet, des messages que lui adresserait le disparu. Aux différentes couleurs du contenu des ces fioles, bleu de Prusse, rouge de Saturne ou jaune sable, elle associe différents souvenirs des moments qu’ils ont partagés.
A l’incrédulité d’une éternelle séparation succède le souvenir d’une fusionnelle complicité. Suit le fantasme d’un amour toujours vivant et d’un retour encore probable. Jusqu’au jour où elle se décide à sortir de son cloître et de s’ouvrir au monde. Appareil photo en main, elle part courir le monde en quête de ce qui reste d’elle-même. « Parce que la vie c’est ce qui reste quand on fait autre chose» que se morfondre sur son propre sort…
Seule au monde
C’est un beau moment de théâtre que nous offre la compagnie des Passages. La sobriété de la mise en scène d’Anny Perrot, éclairée par le regard d’un chorégraphe, réserve la part belle à la poésie du texte et laisse apparaître le réalisme de la situation ainsi que la valse des sentiments qui se bousculent dans le cœur de cette veuve anéantie. Malgré quelques difficultés à trouver, par moments, le bon registre, Wilma Lévy interprète de façon touchante cette femme esseulée. Voici donc un spectacle dont on ressort forcément ému, pourvu que l’on ait, au moins une fois dans sa vie, éprouvé les affres de solitude.
Idrissa SIBAILLY
L’Inattendu Au Gilgamesh Théâtre Jusqu’au 1er août à 13h
Réservations : 04 90 25 63 48
Texte : Fabrice Melquiot ; Mise en scène Anny Perrot ; Chorégraphie : Patrick Servius
Avec Wilma Lévy et Lamine Diagne
Création lumière : Richard Psourseff
Création sonore : Jean-Claude Leita
Scénographie : Béatrice Courcoul
Crédit photo: DR
Réactions du public: « Un peu de mal à rentrer dedans au début, mais il y une gradation dans la qualité du spectacle. Le texte est très beau mais c’est la prestation de la comédienne, très engagée, qui le fait le passer… »
Ludo, 59 ans, ingénieur
« Un très beau texte et un beau spectacle, dommage qu’on ne voie pas plus le comédien-danseur… »
Florian, 29 ans, comédien.