ECOUTEZ COUTE ! Peu connu et pourtant essentiel, Gaston Couté est un auteur qui aura étiré ses 31 années d’existence entre 1880 et 1911. Une courte vie durant laquelle il écrit des poèmes engagés qui trouvent aujourd’hui encore un écho percutant. Un auteur que le Théâtre de la Passerelle nous offre de (re)découvrir. Dans une prestation d’une rare qualité. Un escalier de bois aux marches ajourées, marches de la gloire qui s’écrasent sur une porte de tôle ondulée, irrémédiablement close. Au pied des marches, un piano dont les notes s’élèvent tout doucement dans l’obscurité. Et la perpétuelle magie de la vie déroule son chemin. De la naissance à la mort, en passant par tous les stades de l’existence, Dominique Desmons endosse le manteau de Gaston Couté et nous offre sa verve, sa folie, sa grandeur, sa générosité, son incomparable poésie et ses accessibles utopies. Parfois du bout des lèvres, parfois avec emphase. Toujours avec talent.
Qu’il est bon d’entendre ces mots, qui nous parlent de vie, de mort, d’injustice et d’amour. Qu’il est utile, ce discours, tapi sous la formule ou la rime, et qui nous rappelle l’injustice du monde, les inégalités, la couardise, l’égoïsme et le dédain. Oui, qu’il est bon, utile, nécessaire d’entendre et d’écouter Couté. Ce fou idéaliste qui refuse la gloire pour mieux aimer le pauvre. Ce fou, tellement sage, que l’on a oublié et que le Théâtre de la Passerelle, dans son insatiable quête de partage et d’humanité a, logiquement, choisi de sortir de l’ombre.
Une mise en scène, comme un écrin de mots Une ombre qui se dessine comme un personnage sur scène. Qui incarne tous les nantis, les profiteurs, les exploiteurs, les égoïstes, les oublieux du genre humain. Une ombre sculptée de lumières, sobres et magnifiques, qui donnent profondeur à la scène et à l’évocation. Et les mots de Couté prennent possession de la salle. Ils courent de rang en rang, gagnent les cœurs et les âmes. Ils glissent sur la mise en scène qui leur offre la plus belle de toutes leurs nuits d’amour. Et s’ils ne devaient jamais connaître la gloire, au moins auront-ils touchés, au plus profond, le cœur du public.
Karine PROST
« Une Nuit d’amour plus qu’une heure de gloire »
Au théâtre du Balcon à 12H30
Avec : Dominique DESMONS (Musique, jeu et chant), Catherine POURIEUX (piano)
Mise en scène de Michel BRUZAT
Création Lumières de Franck RONCIERE
Costumes : Dolorès ALVARES BRUZAT
Photo © ser@e
Réactions du public :
« J’ai été un torrent de larmes pendant une heure ! Il y a des choses qui me touchent sur cette quête insatiable, cette lutte contre le conformisme, sur le fait que notre vie et notre mort nous appartient. C’est un travail formidable, j’espère qu’il durera longtemps ! »
Véronique, pédopsychiatre.
« C’était sublime. Sublime, vraiment, il n’y a pas d’autre mot… »
Laurence, enseignante.