Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.
En 2004, nous, les Scènes dAvignon, nous nous sommes rangées derrière Avignon Public Off, dont Alain Léonard était le gérant.
Malgré ses dérives et sa tendance à lopacité, APO était pour nous un outil culturel collectif que nous devions conserver. Nous connaissions bien Alain Léonard. Cétait lun des nôtres. Il sortait de la profession. Nous lavions vu jouer. Il venait de la base. Il a créé Avignon Public Off en 1982.
Au cours du Festival 2004, il a commencé à être poussé vers la sortie, non seulement de lextérieur, mais aussi de lintérieur même dAvignon Public Off ! En attendant, et peut-être en partie grâce à lui, en 2005 lunité sest reconstituée et pour le Festival nous avons eu un programme et une carte dabonnement uniques, ce qui fut apprécié par le public et par les compagnies. Et pour 2006, nous attendions que soit reconduite la même unité.
Mais Léonard a été démissionné et, à partir de là, sest amorcée une re-fondation, une sorte de mutation inattendue, de type centraliste ce mal français par excellence et enfin, sous la houlette de Jean-Claude Walter qui assurait lintérim, Avignon Public Off a accouché dAvignon Festival Off, et dun délégué général.
Nommé en novembre, ce délégué général est arrivé à Avignon en janvier. Vient-il dun théâtre, dune compagnie, du monde du showbizz ? Non pas du tout ! Ayant été danseur dans sa jeunesse, il nous arrive du monde politique.
Ici ou là, à un ou deux, à trois ou quatre, il nous a dit, vous les associations, ALFA, ARTO, Scènes dAvignon, vous allez vous dissoudre. Et, dans AFO, les uns auront tant de sièges, les autres tant de sièges, les troisièmes tant de sièges au conseil dadministration, dans lequel il y aura des représentants de telle et telle organisation, des personnalités qualifiées (?), les anciens présidents, etc. Il comptait tout diriger, et plutôt arbitrairement. Avec la meilleure bonne volonté de notre part, ça ne pouvait pas marcher.
Et voilà comment nous, les Scènes dAvignon, qui avions été derrière Avignon Public Off, nous sommes retrouvées devant un Avignon Festival Off qui a jeté toute lancienne équipe dAvignon Public Off, tous les accords passés, qui croit que le Off lui appartient et qui crée, sous couvert dune prétendue légitimité, une scission pour agir à sa guise et pour escamoter vers où, vers quoi (?) les 420 000 générés par les cartes dabonnement, cest-à-dire par les compagnies qui accordent au public des tarifs préférentiels, et qui sont à gérer autrement dans lintérêt collectif des artistes.
Nous avons appelé à la fondation dune maison commune, mais après le départ de lAdami et dAFO lors de la réunion du 20 février à la mairie dAvignon, nous Scènes dAvignon, avec des indépendants et avec lAssociation des lieux du Festival dAvignon, avons appelé et appelons simplement à la seule solution acceptable pour lunion du Off, la fondation dune association à direction collégiale : Avignon Festival & Compagnies.
Scènes dAvignon est une association des théâtres du Balcon, des Carmes, du Chêne-Noir, du Chien-qui-fume, des Halles.
André Benedetto, 1er mars 2006