Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.
Parti sans grand enthousiasme aux Trois-Pilats pour écouter des contes, ce qui nest pas ma tasse de thé, je me suis régalé avec le travail de la compagnie Aime les mots dits.
Quelle jolie soirée que celle passée à écouter Philippe Sizaire et Karine Germaix ! Voilà des saltimbanques qui savent vous embarquer sur le radeau rafistolé de leurs rêves colorés.

Les trois histoires sont belles et nourries au grain de la tolérance, du désir, de lamour, de limagination, histoire quon saime. Que ce soit La Fille de neige, Quelque part, nimporte où ou Le Gars qui nest jamais content, je suis resté scotché sur mon siège, les yeux brillants et les oreilles grandes ouvertes denfant émerveillé. Avec ces deux-là, je suis parti à la pêche aux étoiles, même sils me disaient que les roses ont un parfum, mais aussi des épines.

Je nai trouvé aucune scorie gnangnan, aucune poussière cucul, aucune escarbille niaise dans la poésie de Philippe Sizaire, embecquée par sa bouche chaude et généreuse. Dans le mets proposé par la compagnie Aime les mots dits, pas de nourriture frelatée enfouie, sous prétexte quon sadresse à des enfants, qui seraient des demeurés.
Karine Germaix, partenaire à part entière de Sizaire, joue des morceaux à ouvrir le cur des pierres.
Quand je suis parti, cigarette et doux sourire aux lèvres, je me sentais meilleur. Cest dire à quel point ces artistes-là sont indispensables.