Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.
Un univers musical bien à eux, fait de cordes, de notes et de mots. Des chansons comme des histoires qui nous invitent à des instants fugitifs, drôles ou émouvants. Un concert magique pour tous les amoureux de la chanson française
De leurs voix douces, claires et cependant voilées, les frangins semblent débarquer dune drôle de planète fils spirituels dun Baudelaire qui aurait fauté avec un alter-mondialiste et un mélodiste tout à la fois, ils découpent des tranches de vie musicales tour à tour émouvantes, drôles et parfois même engagées. Avec une finesse du mot et une efficacité de lair qui font mouche. Et la magie de cette alchimie opère dès les premières minutes de la représentation.

Sur scène, les deux voix se mêlent pour nen plus former quune. Deux souffles pour une (presque) même voix, deux respirations pour un même souffle Le tout ciselé parfois dun relief étonnant, résultant dun décalé de paroles quils maîtrisent superbement. Et au fil des rimes qui semmêlent aux mots, ils nous entraînent dans des airs immédiatement familiers. Des airs simples, mais efficaces. Et beaux Dautant plus beaux quils nous sont ici servis dans un écrin de cordes : sans surprise, celles des guitares de Fredo et Olivier (les Volo ) mais aussi celle dun violoncelle (Vérène Westphal), dune contrebasse (Théo Girard) et dune troisième guitare (Hugues Barbet). Sur des arrangements superbes de Christophe Alary. Lharmonie de lensemble est impressionnante.
Du droit a la différence à celui de la tristesse, des amours malheureuses aux bonheurs de la paternité, dune douce ballade à un rythme funky, VOLO chante la poésie dun quotidien quils nuancent au grés de leurs humeurs. La truculence du « MEDEF », le charme de « ELISA », la nostalgie de « MONTREAL » et le talent des frangins font de ce concert là un moment de bonheur musical incroyable. Alors certes, daucun pourraient reprocher au groupe ses choix de mise en scène pour le moins minimalistes. Mais limmobilisme des musiciens a lavantage de faire la part belle aux textes et a lémotion. La sobriété des jeux de lumière amplifie la proximité, voire la complicité, que VOLO crée avec son public. Et plus de mouvement serait sans doute préjudiciable à lharmonie de lensemble
Une scène, un univers, deux frangins . La chanson française a trouvé ses nouveaux petits princes !