Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.
Yves Javault, Gérard Audax, Mariana Araoz et Christophe Patty réhabilitent, enfin !, le plaisir de la narration et du jeu au théâtre.
On dirait une histoire éternelle : un amour impossible entre Octave et Isabelle, comme on dirait entre Roméo et Juliette, entre Héloïse et Abélard, entre Tristan et Iseut, etc.

Sauf que, ici, dans Le Jeu des sept familles du théâtre, l’auteur a une écriture tout terrain qui s’adapte à toutes les situations, et qu’il raconte cette histoire à un rythme ébouriffant et dans sept styles différents – les sept familles du titre de la pièce :
– le théâtre antique ;
– la commedia dell’arte ;
– la comédie de Marivaux ;
– le jeu clownesque ;
– le théâtre brechtien ;
– le théâtre sans parole ;
– le théâtre de l’absurde.
L’écrivain (Yves Javault) et le dramaturge (Gérard Audax) ont mitonné aux petits oignons un repas dramatique à l’ancienne, cuisiné avec des ingrédients succulents mais simples, qui fait irrésistiblement saliver le spectateur.
Les trois comédiens interprètent leur partition avec enthousiasme. Mariana Araoz et Christophe Patty ont l’élégance de jouer Octave et Isabelle comme s’ils retrouvaient intactes les fragrances de leur adolescence. Gérard Audax, de son côté, invente et impose joyeusement un bonimenteur formidable, gouailleur, coloré, truculent, drôle, entraînant… Ce trio déjanté évolue avec aisance dans des décors et des costumes avec lesquels Virgil Venak a créé une symphonie cuivrée de rouge et d’ocre.
Ah ! si les cours de théâtre à l’école ou à la fac pouvaient être aussi amusants ! Et si tous les profs pouvaient être aussi pédagogues que le camelot cabotin de ce Jeu des sept familles du théâtre, les salles de cours seraient prises d’assaut, et on apprendrait plus vite et mieux !