En exclusivité pour RUEDUTHEATRE et pendant tout le Festival d'Avignon 2007, l'humoriste, comédien et auteur lyonnais Pascal Coulan nous raconte, vu des coulisses, le quotidien d'une troupe qui découvre pour la première fois les joies et les affres de la vie avignonnaise.
A+12 mercredi 18 juillet (33)
Les jours se multiplient, identiques à eux mêmes, réglés comme du papier à faire la musique des pingouins aux terrasses.
9h30, JP n’est jamais aimable au lever : « Catherine, il ne faut pas mélanger l’amour et le métier. Sors de mon lit et va chercher des acheteurs pour le spectacle » « Eh, Avignon, c’est pas la Foire de Paris tout de même ! » « Ben, si justement ! »
11H30, après une sorte de brunch collectif où il manque toujours de la Nutella, mais plus de céréales qui facilitent tant le transit des comédiens qui se donnent, chacun sort la tête d’où il peut : « Ah, y’a plus d’eau chaude ! » ! « Y’a plus de café non plus. » On en refait, et c’est reparti !
Camionnette, stationnement sans trop de prunes aux remparts, costumes qui respirent le comédien mouvant, tractage en paradant, pétaradant ! Leur patience paie. Aujourd’hui, le stagiaire journaliste a sorti son article. Dans un journal local, en gros et sur dix lignes, il résume l’histoire avec brio et conclue en citant la plus belle phrase du meilleur article de leur dossier de presse qui en comprend deux. « Enfin, s’écrit Jean Pierre qui a dû passer un CAP d’enthousiasme pour la circonstance, un premier article, ça va tout faire démarrer ! » Et tous ensemble, juste avant la parade, dans leurs costumes qui ont un peu traîné dans les crottes de chiens qui n’y connaissent rien au théâtre, plantés devant les panneaux immenses mises à la disposition du OFF dans le hall de l’Hôtel de ville, les MISÉREUX contemplent la copie toute de travers de cet article qui leur apportera public et gloire. Omar souffle à Patrick : « Ca devait être un caniche nain ! ... Une merde si grosse, ça ne peut être qu’un caniche nain ! »