En exclusivité pour RUEDUTHEATRE et pendant tout le Festival d'Avignon 2007, l'humoriste, comédien et auteur lyonnais Pascal Coulan nous raconte, vu des coulisses, le quotidien d'une troupe qui découvre pour la première fois les joies et les affres de la vie avignonnaise.
A+3 : lundi 9 juillet
22 personnes hier ! Hourra !! Les MISÉREUX ont fêté ça presque toute la nuit. On se contente de peu à Avignon. N’empêche, ils ont trouvé la cave secrète de leur logeur et se sont régalés. « C’est pas le même rosé que le premier jour ! » Ils boivent, ils dansent, (à part Michel qui est cloué au lit avec dé-antalgique sous perfusion « Mais ça va le faire ! ». Ils chantent ! Même Marie-Claude se lâche. Il faut dire que Prozac et bon rosé, ça détonne. Omar et Patrick, comme au bon vieux temps, prennent Annick chacun par un bout et la balance au-dessus de la piscine marécageuse. Cris, hurlements, fous rires. « Je suis sûre que y’a des crocodiles maintenant ! » Annick a vraiment peur. Ils la relâchent. Bien sûr elle boude mais pas longtemps. Jamais rancunière l’Annick que Patrick et Omar ont bien tenue.
JP aussi est content. Les gens adorent. « Ton meilleur spectacle je te dis, embrasse moi… » et Catherine se jette sur le metteur, lèvres buccales en avant. « Avec son divorce, ça lui fait du bien ». Au petit matin, ils se couchent enfin ! A midi, ils se réveillent, la gueule de bois certes, mais d’un bois léger. « Bon rosé ça ! » « Bon sang, midi ! » Sonnette d’alarme.
Pas de tractage aujourd’hui, pas de collage, que le spectacle, l’Art avant tout. Il faut dire que les MISÉREUX n’ont pas le choix. Ils arrivent à 13h30 à l’Ecuelle ou Alain le grand calme et Joël le Grand Théâtreux qui se la pète se chamaillent un peu. « Si tu lèves un doigt sur moi, je… je … je le dirai à André Benedetto, le président du Off… » Joël est paniqué. Alain le porte par le col et lui dit calmement. « On t’a vu cassé l’ampoule de ma découpe, alors tu me la rembourses, sinon, je te tiens comme ça pendant tout le festival ». Tout le monde sait qu’il peut le faire. « Va te faire voir » s’étrangle Joël.
Les MISÉREUX s’installent. Les costumes puent le vieux comédien fermenté. Berk ! Trois personnes viennent les applaudir dont un qui s’endort. A leur sortie de scène, ils sont dépités. Mouillés comme des intermittents mal rincés, ils rentrent directement à la maison. Pas de tractage, pas de fête, Annick en est sûre, elle a vu un serpent sortir de la piscine aux allures étranges. JP est dubitatif : en sortant de scène, il en est certain, Alain tenait toujours Joël à un mètre du sol.