En exclusivité pour RUEDUTHEATRE et pendant tout le Festival d'Avignon 2007, l'humoriste, comédien et auteur lyonnais Pascal Coulan nous raconte, vu des coulisses, le quotidien d'une troupe qui découvre pour la première fois les joies et les affres de la vie avignonnaise.
J- 8 / 7 / 6 joursFinalement, les choses se mettent en place doucement. Et les répétitions, au départ laborieuses, se sont organisées autour des trois derniers jours. Là, pas de répit, tout le monde sur le pont (d'Avignon, oui ok c'est facile). Les boites de pizzas s’entassent, une odeur permanente de gâteaux de Catherine imprègne jusqu’aux costumes, les bouteilles vides s’alignent et les cendriers débordent. La création aussi. Et la joie.
La pièce ronronnait un peu du temps de sa gloire provinciale, la perspective d’Avignon redonne à tous les MISÉREUX un nouveau souffle épique, de l’enthousiasme à revendre, orchestré par un JP plus quinquagénaire et chauve que jamais. Théâtreux et talentueux. « Tes coupes dynamisent le spectacle, surtout mon rôle qui prend une dimension qui me correspond à merveille » avoue Marie-Claude. « J’ai moins de texte » s’étonne Annick. « Tu n’en auras que plus de présence »…. Elle opine et se dit que de toute manière, on ne verra qu’elle, surtout après son joli bronzage quasi intégral. « C’est bien ces tournages où tu bronzes.. » taquine Omar. « Jaloux ! » lance Annick plutôt partie en vacances. Peu importe, elle est là, tout le monde est là, tous talentueux, tous ensemble. Et le spectacle s’enrichit de cet enthousiasme collectif. Tout est plus vif, plus direct.
Et sans tout comprendre, l’émotion s’installe. « La presse va adorer ! » « Et le public ».. « Et les filles ! » pensent en même temps Omar et Patrick valorisés par des costumes d’époques tous neufs. Seulement trois jours d’entières répétitions, mais quels jours !! Pas de repos, pas de fatigue, et plus rien n’existe que cette magie du théâtre qui emporte, entraîne, bouillonne, réunit et élève le monde. Même JP se met à être bon comédien ! Le samedi 30 juin à 23h, à la fin de l’ultime répétition Michel arrive en boitant, ses trois ceintures dorsales l’emmitouflant comme un athlète de haut niveau « Ca y est, le décor est fini ! Ca va le faire ! »