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Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

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Sombrero (Paris)

LUMINEUSEMENT BAROQUE

Le Théâtre National de Chaillot accueille la dernière création de Philippe Découflé. Le spectacle se déroule comme un fil, et peu à peu les milles sens qui se rattachent au mot sombrero prennent forme. Avec Découflé, il est avant tout question de forme ; forme qu’il exploite à tous les sens du terme.

Cette fois ci, dans la forme de ‘sombrero’, il y a ombre, ou sombre. L’ombre portée est un double du corps humain, un reflet étiré, aux proportions aléatoires. Cette dernière création semble être un laboratoire du corps, déjanté, totalement excentrique, et exubérant. Une heure vingt de spectacle et pas un moment de répit pour le regard.
 Photo © Philippe Laurent

Dans cette œuvre baroque, les couleurs se superposent, et les costumes sont tous plus fous les uns que les autres. Les matières sont folles, drapés, lamés or, ponchos, et chapeaux de toutes formes se succèdent dans ce bal rococo. Si le plateau est composé de manière géométrique il n’est pas non plus rigide.
Au contraire l’énorme travail de régie réalisé par Patrice Besombes et Begoña Garcia Navas remplie l’espace jusqu'à le saturer.
Les images numériques réalisée par Olivier Simola, Christophe Waksmann, Laurent Radanovic, Roméo Ricard, et Dominique Willoughby sont assez originales. Les jeux d’ombres et par là même de lumières, sont exactement coordonnés avec le jeu des danseurs. C’est une réelle performance de leur part que d’adapter leurs danses avec ce décor mouvant et millimétré.

Outre l’aspect baroque (ou barré) à l’espagnol, c’est l’humour qui semble triompher dans ce spectacle. La parole (sur les textes de Claude Ponti) est mêlée à la danse et cela donne une ouverture au spectacle, les intermèdes sont très drôles, et les effets de surprise abondent. Christophe Salangro fait des siennes, et tous les ‘canulars intermèdes’ font hurler de rire.
La réussite de ce spectacle est aussi due à la prestation des musiciens Brian Eno et Sébastien Libolt. Ils réalisent en live la musique qui accompagne les danseurs, ces derniers se prêtent parfois à quelques interventions musicales.

Ce spectacle qui pétille relève tout à fait de l’originalité de son créateur. A voir donc de toute urgence pour s’envoler et voyager le temps d’un ballet dans le bateau de l’art… de "l'au-delart"...

Laure DUBOIS (Paris)

Sombrero
Création : Philipe Découflé
Avec : Clémence Galliard, Sébastien Libolt, Alexandra Naudet, Aurélia Petit en alternance avec Manon Andersen, Christophe Salengro, Olivier Simola, Christophe Waksmann
Et avec : Brian Eno Arrangements et autres compositions Sébastien Libolt
Textes Claude Ponti
Lumières  Patrice Besombes - assisté de Begoña Garcia Navas
Costumes Philippe Guillotel assisté de Jean Malo Images Olivier Simola, Christophe Waksmann, Laurent Radanovic, Roméo Ricard, Dominique Willoughby Son Jean-Pierre Spirli
Assistantes artistiques Pascale Henrot, Aurélia Petit
Machinerie Pierre-Jean Verbraeken

Théâtre National de Chaillot
Du 16 mai au 16 Juin 2007 - Durée : 1h20
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