COMÉDIE PUNK ET DÉJANTÉEAlbi, est «
le dealer le plus nul de Brixton ». Il partage avec Fran et Alex les quelques mètres carré de son squat dans la banlieue la plus sinistrée du Londres de l’ère Thatcher. L’une, garçon manqué, a pour principale occupation de dévaliser le supermarché du coin. L’autre, baby-doll, est une adepte de zen et d’arts martiaux. Albi, comme tous les punks, est persuadé qu’il va bientôt mourir. A ceci près qu’il est terrassé par des maux de ventre. La cause ? Une allergie au lait de vache.

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Au pays des crises sanitaires à répétition, il devient bien malgré lui le héros national d’une campagne qui plonge l’industrie laitière dans le rouge. Les zélés représentants de la dite industrie se piquent de le supprimer. Et emploient les services d’une plantureuse tueuse à gage, à l’existentialisme mortifère. Ajoutez à cela les foudres d’un parrain chinois de l’héroïne soucieux d’éliminer la concurrence. Vous obtenez une comédie-punk totalement déjantée, adaptée par Marianne Groves du roman éponyme de Martin Millar, figure de l’underground musical anglais.
La mise en scène que livre Marc Pascual est à l’image de sa bande son, très « swinging London » : survoltée et ébouriffante. De la femme du patron du supermarché, petite bourgeoise archi coincée dans son imper pied de poule, au travesti brésilien très femme fatale,
Albi la famine offre une irrésistible galerie de portraits. Que servent pied au plancher les comédiens de la compagnie du Soja Fu. Pendant plus d’une heure, on se surprend ainsi à trouver l’Angleterre de Margaret Thatcher désopilante.
Hugo LATTARD (Paris)
Le Lait, les amphètes et Albi la Famine, de Marianne Groves d’après le roman de Martin Millar.
Mise en scène Marc Pascual.
Avec Samuel Forst, Audrey Franc, Mélanie Bouvier, Caroline Delaunauy, Carole Bousquet, Pauline Pinsolle, Vincent Demoustiers, Stéphane Aubry, Adeline Orain.
La Manufacture des Abbesses, 7 rue Véron 75018 Paris, réservation : 01 42 33 42 03 jusqu’au 24 janvier 2007.