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Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

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La Valse des poupées - Delphine Mac Carthy (humour) (Paris)

LA POUPÉE QUI NE DIT PAS NON

Mise en scène par Jean-Luc Lemoine, Delphine Mac Carty se retrouve pour la première fois seule sur scène, dans un one woman show où sa silhouette enfantine se glisse dans des personnages tous plus loufoques les uns que les autres. Une prestation qui se goûte sur la durée.

Un visage de petite fille, presque de poupée. Delphine Mac Carty s’avance sur scène avec ses grands yeux expressifs. La gêne est palpable au début du spectacle. La comédienne est intimidée, ce qui provoque l’effet néfaste d’intimider le spectateur en retour. On peut sentir comme elle se fait violence, seule sur la petite scène du Théâtre La Providence.


Seulement la comédienne n’est pas une débutante, et il n’est pas dit que son premier one woman show sera un échec. Après avoir laissé passer les premiers sketchs, sa prestation devient nettement plus agréable et, par moment, irrésistible. Elle se meut ainsi parfaitement dans la peau d’une caissière de supermarché, véritable langue de vipère qui se permet, à une cliente d’origine étrangère dont une dizaine de pots de bébé défile sur le tapis roulant de lui dire, textuellement : « Je vois que l’intégration est réussie ». Le tout avec un petit sourire pincé, l’air de ne pas y toucher. La comédienne se détend alors complètement, rassurée par les rires du public, et prend une toute autre dimension.

Insolence inattendue

Delphine Mac Carty ose ainsi ce que peu de comédienne auraient l’insolence de faire. Dans la peau d’une jeune fille de banlieue qui se rend à un premier rendez vous avec un garçon rencontré sur un célèbre site de rencontres, habillée en minijupe, elle s’assoit sur un tabouret et n’hésite pas à écarter les jambes en mâchant grossièrement son chewing gum. L’effet est garanti. Delphine Mac Carty taquine le public Le temps d’éteindre les lumières, on la retrouve à un enterrement, raide et silencieuse, tandis que sa voix préenregistrée révèle ses pensées les moins avouables, par ennui ou par gêne. On prend toute la mesure de son talent de comédienne lors de ce passage, lorsqu’à la seule force des expressions de son visage, elle réussit à faire rire la salle entière.
Il y a, enfin, ce dernier sketch sur ce mannequin qui aurait tant aimé ressembler à une femme ordinaire. Delphine Mac Carty se permet alors de taquiner le public. Fatiguée de dormir aux côtés de Georges Clooney, elle aimerait tellement se « taper » un mec ordinaire, « un peu comme vous madame », s’adressant à un couple au premier rang. Tellement belle et intelligente qu’elle ait même allé jusqu’à demander à un chirurgien la greffe d’un « poireau » sur la lèvre supérieure, mais le chirurgien lui a expliqué que ce genre d’opération ne se pratiquait pas. Se tournant vers une spectatrice : « vous avez de la chance, vous. Qui vous a traité ? ».

Touchés par tant de naturel et de spontanéité, on en vient à regretter que le one woman show s’arrête au bout d’une heure. On n’en aurait pas dit autant au début de ce spectacle qui révèle, sous l'enveloppe sensuelle, un tempérament d'humoriste coriace.

Julien GOURDON (Paris)

La Valse des poupées
De Delphine Mc Carty et Jean-Luc Lemoine
Mise en scène de Jean-Luc Lemoine
Au Théâtre Le Mery, du mardi au samedi à 19h, jusqu’au 28 février 2007
7 place de Clichy, 75017 Paris
Réservation au 01 45 22 03 06
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