L’ANTI LANGUE DE BOISTranquillement planté dans ses baskets, l’œil joyeux et le sourire narquois, Maxim Martin est en scène. Pour un spectacle version « stand up », cette forme coutumière des humoristes nord- américains qui commence à se diffuser en France. Et dans laquelle l’humoriste excelle.

Photo © Didier Pallagès
Son léger accent canadien en bandoulière, il attaque son show avec une petite leçon interactive de géographie. Une introduction toute en douceur pour un spectacle qui devient très vite à ne pas mettre entre toutes les oreilles. De George W. Bush aux OGM, en passant par l’obésité, la drogue, la Une des journaux à scandale, le sexe, la psychologie des assassins ou encore les anglicismes bidons des français, le Québécois Maxim Martin balance ses vérités, ses humeurs et ses coups de gueule avec la rigueur d’un métronome. Et l’humour retord des gens de talent. Son air décontracté tranchant souvent avec la portée de son propos, railleur et anti-conventionnel, Maxim Martin, a (à 36 ans passés) encore des airs d’adolescent et l’anticonformisme propre à cet âge. Et il en joue, souvent avec finesse. Il joue aussi avec le public dont il cherche sans cesse le contact, voire l’approbation. Ici, pas de mur invisible entre le plateau et la salle. Le courant doit passer. Et il doit passer dans les deux sens. Pour une fois, le public peut répondre à l’humoriste. Lequel est d’ailleurs fréquemment à la recherche de ce contact, des réponses qui fusent. Saisissant parfois l’occasion d’une digression, d’une humeur, d’une idée. Il brise les codes formels du spectacle français. Et il le fait avec bonheur. Il le fait surtout avec un humour qui fait mouche. Eclats de rire en cascade garantis.
Bien-sûr, subtilité et grâce ne sont pas les maîtres mots du spectacle. Mais on n’est pas non plus dans un humour potache sans intérêt. Maxim Martin met en accusation les travers d’une société décadente. Mais il les met en perspective de manière à les rendre drôles. Parfois même hilarantes. Il joue de la tendresse aussi. Quand il parle de sa fille. Comme s’il essayait vainement, à travers ce spectacle, de la protéger du monde. De cette connerie humaine qu’il détaille avec verve et brio. Bravo !
Karine PROST
www.ruedutheatre.info
Maxim MartinDe et par Maxim Martin
Au Théâtre du Petit Chien – jusqu’au 29 juillet à 22h40
Réservations au 04.90.85.89.49 Durée : 1h20 - Plein tarif : 16 € - Tarif Abonné : 11 € - 11 €