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Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

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Victor Hugo, mon amour (Paris)

FERVENTE ET PASSIONNEE

Transformer cinquante ans de correspondance amoureuse entre deux personnages comme Victor Hugo et sa muse Juliette Drouet en tableaux et séquences théâtrales jouées et dialoguées, ne relève-t-il pas de la témérité voire de la véritable gageure ?


C’est à ce travail que s’est pourtant vouée Anthéa Sogno pour qui Juliette Drouet semble apparaître comme un personnage féminin exemplaire, emblématique même, mais demeurée jusqu’ici un peu trop dans l’ombre du géant littéraire, dramatique et politique, dont elle fut la muse. Quarante mille lettres d’amour sur cinquante années de vie !…   


Et le résultat – on peut dire la réussite – de ce travail quasi mimétique réalisé par l’auteur-comédienne, avec la complicité du metteur en scène Jacques Descombes, ne peut qu’attirer l’attention et éveiller même une certaine admiration… Les deux acteurs Anthéa Sogno (Juliette Drouet) et Sacha Petronijevic (Victor Hugo),  tout à fait convaincants, sont au-delà de toutes réserves quant à leurs qualités d’interprètes au service de l’expression d’une telle passion amoureuse entre deux personnages aussi démesurés…

Le paradoxe du comédien battu en brèche…

Plus encore : Anthéa Sogno semble avoir découvert en Juliette Drouet une sorte de double théâtral et une héroïne exemplaire à qui elle semble vouloir s’identifier     - Juliette a sacrifié sa carrière d’actrice pour l’amour d’un homme, il est vrai exceptionnel – capable d’un amour oblatif peu commun. Son identification quasi mimétique au personnage semble même remettre en cause Diderot et son fameux « paradoxe du comédien ». 

Pour toutes celles et tous ceux – sans doute nombreux – qui n’ont pas une connaissance très approfondie de l’histoire conjointe de Juliette et Victor, en marge de celle de l’écrivain lui-même, ce spectacle présente déjà un intérêt incontestable et qui n’enlève rien à sa dimension et à sa force d’expression théâtrale. On constate, non sans satisfaction, que se dessine aussi, derrière ces deux destins individuels antonymiques, un tableau de la France du XIXème siècle au cours duquel le Victor Hugo homme politique fut aussi l’un des pionniers de la République et de ses grands principes.  On saura gré à cette adaptation de ne pas avoir escamoté cette toile de fond historique d’un amour hors normes.

Henri LEPINE (Avignon)

Victor Hugo mon amour   
Textes : Juliette Drouet, Victor Hugo
Interprétation : Anthéa Sogno, Sacha Petronijevic
Mise en scène : Jacques Descombes.
Présenté au Théâtre des Amants (Avignon Festival Off 2008) sous le titre « Aimer, c’est plus que vivre », ce spectacle sera repris sous son nouveau titre à partir du 16 octobre 2008 à la Comédie Bastille, 5, rue Nicolas Appert, 75011 Paris, tous les jours du mardi au samedi à 19h30. Réservations au 01 48 07 52 07.
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V
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