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Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

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Il Treno del sole (Le Train du soleil) (Roubaix/Lille)

L’IMMIGRATION ITALIENNE DES ANNÉS 50

De 1946 à 56, 200.000 Italiens ont débarqué dans les mines du Borinage belge. On leur avait promis le paradis. Ils ont connu le bagne. Ils ont subi le même opprobre raciste que celui infligé aux immigrés flamands qui les avaient précédés.


Un comédien conteur, une chanteuse actrice, un accordéoniste, un montreur d’ombres suffisent à narrer en mots et en musique l’épopée de ces exilés troqués par les ministres De Gasperi et Van Acker contre des profits économiques d’après-guerre. Devant ou derrière trois écrans suspendus, des personnages passent et repassent.


Il y a Ferdinand, Salvatore et bien d’autres qui se succèdent, affublés ou non d’un masque façon commedia dell arte. Ils disent la misère mais aussi les petits plaisirs de la vie. Ils racontent les espoirs et les déceptions, la manipulation des plus pauvres par les pouvoirs politiques et les pressions du capital. Ils plongent dans ces velléités coutumières du racisme très ordinaire. Ils témoignent du courage, de l’obstination, de l’iniquité des destins.

Dans son texte et ses interprétations, Derudder mêle français et dialectes, discours et chansons. Ce sont des tranches de vie et des fragments de l’histoire contemporaine qui mènent de la fin de la guerre mondiale à la catastrophe du Bois du Cazier à Marcinelle avec ses 262 morts en 56.

Dany Rossi a toujours une voix superbe lorsqu’elle chante et Merolle est toujours à ses côtés avec son accordéon familier. Le comparse Michel Jamsin mime les silhouettes et crée des jeux graphiques projetés sur écran qui symbolisent de manière esthétique le décor de l’époque, éléments visuels donnant du piment à une mise en scène pas trop inventive.

La crise déjà, voici 50 ans, avec ses inégalités sociales. C’était le grand retour du capitalisme après les massacres guerriers. Ce témoignage nourri d’autobiographie rappelle que le monde, en son fonctionnement, n’a guère évolué.

Michel VOITURIER (Lille)

Vu au Théâtre Pierre de Roubaix (Roubaix) le19 octobre 2008

En tournée : le 14 novembre en la salle culturelle de l’Hôtel de Ville (Quaregnon) [B] ; le 15 novembre en la salle Baudouin IV (Braine-le-Comte) [B] ; le 16 novembre à (Hensies) [B] ; les 28, 29 et 30 novembre sur le site du Bois du Cazier (Marcinelle) [B] ; le dimanche 14 décembre au Foyer culturel de Péruwelz [B] ; le 20 décembre en la Salle des Fêtes (Pecquencourt) [F]

Il treno del sole
Texte : Jean-Claude Derudder
Mise en scène : Christian Debaere
Distribution : Jean-Claude Derudder, Dany Rossi, Michel Jamsin
Accordéon : Carlo Merolle
Lumières : Thierry Harduin

Production : Centre culturel (Mouscron) / Kollectif Théâtre (Mons)

Photo © Henri Cammarata
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R
Merci pour ce magnifique témoignage, mes grand-parents paternels étaient des italiens et c'est leur histoire que j'ai entendue ce soir, je suis sorti de la salle rempli d'émotions .Merci pour eux,  pour mon fils  car c'est aussi un peu de son histoire racontée avec ces mots justes.Bravo pour le chanteuse et l'accordéoniste qui nous ont fait vibrer.Et un ovation pour le conteur, quel talent ! 
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T
La photo sur le blog est de Thierry Harduin et non de Henri Cammarata :)
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