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Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

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La Perruche et le Poulet (Paris)

CA BAT DE L’AILE

Dans la plus pure tradition du vaudeville, cette pièce, où l’on ne peut que se voler dans les plumes, donne l’occasion de revoir une des icônes du cinéma des années 70, Claude Gensac. On vient surtout pour elle et elle ne nous déçoit pas.  Omniprésente, elle sauve le spectacle du four total.

Un notaire. Deux clercs. Une standardiste. Une secrétaire. Une petite entreprise notariale banale. Sauf que ce soir là, la standardiste, respectable demoiselle de 60 balais, voit revenir à l’étude son patron le dos élégamment garni d’un couteau. Elle tombe dans les pommes et au réveil, pas plus de patron estourbi que de beurre en branche. Elle appelle la police et tombe sur un flic bourru, le pif encombré d’un rhume carabiné, mais surtout son ami d’enfance. L’enquête peut démarrer.



Des ficelles comme des cordes à nœuds

Ne cherchons pas dans cette farce policière de message subliminal à connotation métaphysique ou psychanalytique, ce serait peine perdue. Le final est téléphoné -sans passer par la standardiste- dès les premières minutes et tout est fait pour l’amener cahin-caha tel qu’on l’attend. Les ficelles ont la finesse de cordes d’amarrage: on n’est pas là pour lésiner sur les rebondissements et les coups de théâtre, même si pour cela il faut faire revenir un mort - qui ne l’était donc pas vraiment mais s’était déguisé en mort pour faire croire que le client amant de la secrétaire du mort et retrouvé mort (et lui pour de vrai) avait le double de la clé du passage dérobé d’où sortait en catimini… Stop !
Aussi balisé qu’une autoroute, ce boulevard aux allures vaudevillesques aurait mérité une mise en scène tout de même un poil plus originale. Elle est ici non seulement totalement linéaire mais surtout terriblement pantouflarde. Deux heures durant, ces péripéties finissent par lasser. Heureusement que l’ensemble est sauvé par la présence de Claude Gensac, qui réussit à elle seule à mener cette histoire et à insuffler une vraie folie sur la scène. Avoir aussi bien réussi à exister face à un génie survitaminé tel que Louis de Funès (dont elle fut l’épouse à l’écran dans une dizaine de films) suffit à en faire une immense comédienne. Il était donc couru d’avance  qu’elle n’aurait aucun mal avec ses partenaires-là qui se contentent tout juste du minimum syndical. Sans elle et sa facétieuse bonhomie, cette perruche et ce poulet se prenaient un four. Voire une rôtissoire…

Franck BORTELLE (Paris)

Réactions du public:


"J'ai passé un très bon moment , c’était très drôle et je n'ai pas vu le temps passer. Claude Gensac est extraordinaire dans ce rôle de standardiste pipelette à l'opposé des rôles de grande dame a l'écran avec Louis de Funes. Je lui trouve beaucoup de talent."
Hubert, 40 ans, VRP

"Ca m’a fait plaisir de voir cette comédienne en chair et en os. Elle m’a tellement fait rire à chaque fois qu’elle passait à la télé. Je venais pour elle. Je suis comblée."
Ingrid, 23 ans, étudiante

"Louis de Funès est très populaire chez nous en Allemagne et voir en vrai celle qui a été si souvent son épouse à l’écran m’a fait vraiment plaisir. La pièce est drôle mais sans plus. Mais pour Claude Gensac, je suis heureuse d’être venue."
Sieglinde, 40 ans, professeur

La Perruche et le poulet
De Robert Thomas d’après l’œuvre de Jack Popplewell
Mise en scène : Luc Hamett
Avec Claude Gensac, Jean-Pierre Castaldi, Michel Feder, Bénédicte Bailby, Malcom Conrath, Laure Mathurier, Hélène Bizot, Stéphane Foulogne
Durée : 2 heures
Théâtre Dejazet, 41 boulevard du Temple, 75010 Paris (Métro : République)
Jusqu’au 30 août
A 20h30 du mardi au vendredi, 16 h et 20h30 le samedi
Location au 01 48 87 52 55 ou sur place
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