Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.
Communiqué dAvignon Festival & Compagnies du 26 février 2006
Lors de notre tentative de refaire lunion de toutes les compagnies le lundi 20 février 2006 à la mairie dAvignon, il fut impossible de convaincre AFO (Avignon Festival Off) de rester avec nous tous. Elle a préféré faire scission et rester seule dans son coin. Nous lavons déploré. En fait, elle nétait pas seule.
Ce jour-là, lAdami était descendue en force de Paris pour nous faire comprendre quil fallait rejoindre les rangs dAFO. LAdami nous a fait entendre par la voix de son Président Philippe Ogouz, que si nous nobéissions pas, nous naurions rien de la manne quelle dispense sur les têtes selon son bon vouloir. Oui, Philippe Ogouz nous a dit très clairement avant de quitter la réunion, quaucune autre organisation que AFO ne recevrait de subvention pour le festival.
Se peut-il que par le passé, un ministre de la Culture ait jamais tenu publiquement des propos équivalents, ni même les sous-entendre ? A-t-on déjà usé de telles menaces, de tels chantages à lencontre des artistes ? Pour qui se prend-il ? Pour le Juge Suprême ? Le Président de lAdami a-t-il de tels pouvoirs ? Alors, à quand les lettres de cachet ? Le Gouvernement de la République peut-il laisser quelquun sarroger avec cynisme des droits que lui-même ne prend pas ? Quelquun peut-il impunément disposer de largent public à sa guise, comme bon lui semble, pour ses seuls amis ? Il faudra bien un jour quil rende sérieusement des comptes.
Et là-dessus, de retour à Paris, le même Philippe Ogouz, à froid mais encore très en colère, et se prenant sans doute pour le Christ, a déclaré par voie de presse (La Lettre du Spectacle) quil avait rencontré les Marchands du Temple, en parlant de ceux quil considère comme des ennemis et dont il estime quils ne méritent de « sa part » aucune aide. Cest à croire quil se prend effectivement pour le Juge Suprême. Ceci dit, moi en marchand du Temple, ça me fait vraiment rigoler et certainement beaucoup dautres.
Il faut aussi savoir pour apprécier la chose, que dans les deux « camps » il y des compagnies solitaires, des théâtres qui louent leur salle, des théâtres qui travaillent en coproduction avec des compagnies, selon diverses modalités, etc. Par exemple il semblerait quil y ait dans le propre bureau dAFO un loueur de créneaux.
Philippe Ogouz a réagi comme si on lui avait pris quelque chose, comme si on le dépossédait. Or le Off nest pas sa propriété, ni en entier ni en partie. Le Off nappartient à personne. Et les troupes qui le font sont libres de sorganiser, de se grouper comme elles lentendent, sans porter tort à personne.
Liberté de penser, liberté dentreprendre, liberté de sassocier, les compagnies fondent leur existence et leur survie sur ces valeurs, et sur leur travail. Elles nimposent rien à personne. En plus elles savent maintenant qui elles doivent rejoindre, si elles souhaitent recevoir une aide de lAdami
André Benedetto, le 26 février 2006