Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.
« Suite à l’appel à l’union d’André Benedetto et pour mettre fin aux polémiques et aux divisions, des compagnies et des lieux indépendants, les Scènes d’Avignon, Alfa, des membres d’autres associations d’Avignon, abandonnant toutes prérogatives et ambitions personnelles, se sont réunis ce jour, 20 février 2006 en mairie d’Avignon. »
Alors question :
Ce sont par plusieurs centaines que les compagnies (souvent petites, assez petites ou au contraire bien structurées) viennent chaque été se produire dans le Festival Off d’Avignon et les lieux de toute obédience qui les accueillent.
Or, dans la réunion dont il est question lors de la réunion précitée, de compagnies : AUCUNE ! Oh pardon, si ! deux (extérieures à Avignon).
Si si, vous avez bien lu : deux ! Deux pour représenter en ce lundi avignonnais des milliers d’artistes regroupés dans ces petites structures fragiles mais courageuses que l’on veut bien encore qualifier de compagnies, mais qui résistent cœurs et ongles à continuer à se définir ainsi.
Deux : Cartoon Sardines, venu de Marseille, une entité régionale de qualité, mais bien charpentée… et Nice Théâtre vivant, venu de Nice comme cela se lit tout seul, compagnie évoquant plutôt le reflet d’une très grande majorité de compagnies se produisant dans le Off.
Une compagnie s’étant produite onze fois dans ce Festival depuis 1993, on ne peut pas dire qu’elle parle dans le vide me semble-t-il.
Et pourtant côté vide, c’était bien le cas ce jour-là. Oui, bien sûr, il y avait là des artistes qui conjuguent une direction de salles et des travaux de création, pas question de ne pas le souligner, mais quand même : les quatre coins de France dont Avignon est alors centre du carré, où diable étaient-ils ? Comment a-t-on pu les oublier à ce point pour un débat aussi important pour eux ?
Et que ce serait-il passé si, à mes côtés, trente, quarante, cent (il en faut bien au moins autant pour être en équilibre des lieux, tous confondus)… ?
Je ne sais pas. Mais il me vient à l’esprit que l’on aurait entendu autre chose, compris autre chose, voulu autre chose.
Et surtout quelles divisions avons-nous, nous les compagnies, dont il est ainsi question dans le communiqué, avec les lieux qui nous accueillent : aucune, ou à quelques exceptions près.
Alors oui, je refuse qu’il soit fait mention dans le communiqué ci-dessus d’y associer – et ainsi en termes de division – les compagnies totalement oubliées du débat.
Qui pourrait dire le contraire ? Voyons réfléchissez ! Je vous l’ai dit : deux. Et pas par un véritable appel fait avant de se parler, non, par (on connaît bien ça, nous, chaque été) un bouche-à-oreille plutôt infinitésimal. Mais, par contre, maintenant il faut tout de même penser à nous. Et vite. Car sans nous, les scènes vides d’artistes annoncées dans un nombre indéfini de programmes du Off, ça la foutrait plutôt mal, non ?
Mais, vous l’avez compris, ce n’était qu’une question. Somme toute insignifiante, n’est-ce pas ?
D’ailleurs pourquoi la poser : c’est sans doute trop tard. Les jeux sont faits. Pas sous les projecteurs des cintres.
Et dire que je vous aime bien tous : c’est ça qui me fait chier…
Guy Morin
Compagnie Nice Théâtre vivant