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Alain Cesco-Resia, amoureux des mots, présentait à la mi-décembre des textes de Benjamin Fondane, mort en 1944. Cétait aux Ateliers dAmphoux de Monique Cerf, autre amoureuse de la littérature.
« Benjamin Fondane est né en Roumanie, a émigré en France en 1923. Il est déporté à Auschwitz et il y meurt en 1944. Poète en marge du surréalisme, philosophe existentialiste, cinéaste, dramaturge, critique. Sa poésie viscérale et irrésignée nous fait voyager au plus profond de lerrance et de lexistence.
« Ses grands poèmes dexil interrogent le mal des fantômes, cest-à-dire la négation des individus par lémigration, le mépris, la mort ou les idéologies meurtrières », déclare Alain Cesco-Resia dans le dossier de presse du spectacle.

Au vu de ces déclarations, javais très envie daller entendre et scruter ce Mal des fantômes. Et, effectivement, les textes dits « Le Mal des fantômes », « Ulysse », « Villes » et « Préface en prose » sont magnifiques de douleur. Je ne peux que me sentir happé par ce poète « seul dans laquarium du monde », qui observe une femme déclassée, « maigre comme un repas de mercredi des Cendres ». Je ne peux quêtre le frère dun homme qui me dit : « Je mange comme vous le pain de mon angoisse ». Je ne peux que souffrir avec la tribu de ceux qui nont que leur vie dans leur valise, qui narrivent jamais et partent toujours.
Concernant linterprétation dAlain Cesco-Resia, je suis totalement désarmé dans ma critique. Je sais depuis longtemps que cet homme est un amoureux fou de beaux textes douloureux, comme ceux dAndré de Richaud, par exemple. Sa sincérité est au-dessus de tout soupçon.
Néanmoins, comment comprendre que le comédien souligne constamment le texte ? Comment comprendre cette grandiloquence des gestes et du phrasé, cet air tourmenté, ce hachage permanent des phrases et des mots, cette diction précieuse et tous ces e muets prononcés, ces transitions étranges entre les textes ? Je demeure dans un abîme de perplexité.