Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.
La compagnie La Naïve présentait en décembre 2005 « Pressentiment andalou », de limmense écrivain Federico García Lorca. Cette compagnie de Pertuis, en Vaucluse, est passée à la vitesse supérieure avec ce spectacle étonnant. Rappelons que, en 2006, cela fera soixante-dix ans que le poète aura été assassiné par la stupidité et la haine.
Pressentiment andalou est un collage de textes de Federico García Lorca, subtilement agencé par La Naïve. Je sens, dailleurs, tout au long du spectacle lamour fou que la compagnie éprouve pour lécrivain et la connaissance acérée quelle a de son uvre.
Après que « la vase des dernières conversations » sest déposée, la pièce démarre sur les chapeaux de roue avec une farce, Le Petit Retable de don Cristobal. On se croirait chez Guignol en Andalousie, sauf quil sagit ici de marionnettes de chair. Les comédiens, travestis, accoutrés de costumes et de postiches invraisemblables et beaux, sen donnent à cur joie dans la démesure contrôlée. Grande composition !

Mais lauteur intervient brusquement et interrompt le spectacle, qui emprunte alors une tout autre direction
Vous laurez compris : Pressentiment andalou est un bel et bon morceau de théâtre, ambitieux, engagé, coloré, bien éclairé (Valérie Foury) et intelligent. Il explose avec une mise en abyme tétanisante, qui nous renvoie dans les cordes de notre propre vie et de notre rapport au théâtre.
Quant aux comédiens, au musicien (qui joue en direct, ce qui est rare) et à la mise en scène, ils sont tout simplement épatants.