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Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

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Victor ou les enfants au pouvoir (Paris)

LA VÉRITÉ SORT DE LA BOUCHE DES ENFANTS

Au théâtre Antoine, Laurant Deutsch joue Victor, un jeune garçon qui pour le jour de ses neuf ans, décide de mettre un terme aux faux-semblants des adultes qui l’entourent. Quand l’enfant modèle devient l’enfant terrible, c’est toute la maisonnée qui s’en retrouve bouleversée.


Après L’Importance d’être constant joué la saison dernière, Lauránt Deutsch revient sur les planches du théâtre Antoine. Il abandonne son rôle de gentleman pour celui d’un enfant en culotte courte prénommé Victor. Difficile de rentrer dans la pièce. D’abord parce qu’il n’est pas aisé pour un adulte de jouer le rôle d’un enfant même si l'on s’appelle Laurant Deutsch. Ensuite, parce que Victor raisonne comme un adulte, comprend tout et manipule son monde pour parvenir à ses fins. Si jeune et si doué, c’est surprenant. Mais au bout d’un bon quart d’heure, la magie du théâtre opère et l'on est bien en présence d’un jeune garçon qui s’apprête à fêter ses neuf ans ce jour-là.

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L’enfant modèle en a assez d’être le mignon Totor de sa maman, celui qui collectionne les prix d’excellence et qui ne dit jamais un mot plus haut que l’autre. Il veut être un homme, un vrai. Tout débute par un vase qu’il casse volontairement avant la fête. Son but ? Faire accuser la bonne dans un premier temps, puis sa meilleure amie et voisine Ester. Cette dernière lui apprend qu’elle a surpris sa propre mère et le père de Victor en plein ébat amoureux. Il n’en fallait pas plus pour le jeune garçon décide de changer de visage.

Une satire de la société bourgeoise

La fête d’anniversaire commence. Esther et ses parents sont conviés. On pourrait croire à un vaudeville. On repère le père adultère, la femme indigne, le cocu au bord de la crise de folie et la femme délaissée. A ceci près qu’un nouvel élément perturbateur s’ajoute à la situation classique : Victor. Ici, aucune porte ne claque et la légèreté disparaît derrière un sentiment de malaise. Le côté malsain de Viktor qui cherche à s’amuser en semant le trouble dans sa famille dérange. La bonne humeur de la fête d’anniversaire se trouve perturbée par ses sous-entendus, par ses paroles et ses gestes déplacés. Ses parents ne le reconnaissent plus. Son père frôle d’ailleurs plus d’une fois la crise de nerfs Victor n’accepte pas les mensonges des adultes et entend bien dénoncer tout haut leur hypocrisie. Satire du monde bourgeois du début du vingtième siècle, cette pièce surréaliste critique les faux-semblants de cette société qui vit dans l’apparence.

Les comédiens vivent pleinement leur rôle. On adhère sans problème au rôle de petite fille aux longues nattes joué par Caroline Maillard. Philippe Uchan, dans le rôle du mari adultère découvert, fait évoluer son personnage au fil de la pièce et parvient à dévoiler toute son intensité : du père calme et attentif à l’homme passionné en proie à des accès de rage qu’il a bien du mal à contenir. Alors que Cerise (Emilie) met en avant la  froideur de celle qui a tout compris. Son homologue masculin joué par Urbain Cancelier sombre peu à peu dans la folie. Si le talent des comédiens n’est pas en cause, on ne peut pourtant s’empêcher d’être déçu en sortant de la salle. La pièce manque parfois de rythme et on ressent quelques longueurs. Même si le texte du poète et dramaturge  Roger Vitrac méritait une nouvelle adaptation, il est ô combien difficile de faire oublier celle de Jean Anouilh.

Juliette CELLO (Paris)

Texte de Roger Vitrac
Mise en scène : Alain Sachs
Avec : Christiane Millet,  Philippe Uchan, Cerise, Urbain Cancelier, Fabienne Chaudat, Isabelle Tanakil, Pierre Aussedat, Caroline Maillard.
Costumes : Pascale Bordet
Décors Jacques Voizot et Alain Sachs
Musique : Patrick Peyrieras
Lumières : Philippe Quillet
Chorégraphie : Brigitte Mazeres

A partir du 6 septembre au théâtre Antoine.
du mardi au vendredi à 20h30, samedi à 21h, matinées samedi à 17h et dimanche à 15h30


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P
J'ai vu cette pièce, elle a été joué non à Paris, mais dans ma grange.
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A
Je suis allée vois cette pièce il y a deux semaines. J'ai beaucoup aimé le jeu des acteurs, mais c'est vrai que j'ai été très surprise par la pièce. C'est le style surréaliste qui veut que tout soit désordonné, presque "n'importe quoi" par moments. Celà étant, si on veut du théâtre "traditionnel", il faut aller voir du Hugo, du Racine, Pas du Vitrac. Dans son style, il est épatant, on est surpris de bout en bout, une fin qui part en vrille, des glissements d'un genre à l'autre (dûs à la mise en scène également), une pièce tout sauf conventionnelle
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J
Cher JC,Je n'ai pas vraiment oublié Lorant Deutsch dans cette critique que j'ouvre d'ailleurs sur lui. Si je n'ai pas souhaité y revenir par la suite, c'est que je n'ai pas trouvé son interprétation bluffante. Dans le rôle de petite fille, Caroline Maillard est plus convaincante que lui.Je pensais qu'on devinait en filigrane mon point de vue. On dirait que ce n'est pas le cas. En clair : j'ai trouvé la prestation de Lorant Deutsch décevante et pas à la hauteur de ce qu'il a fait précédemment. 
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D
Pitoyable! Mais qu'est-ce que les excellents Laurant Deutsch(regardez la Fontaine en DVD) & Philippe Uchan sont venus faire dans cette galère. L'obscur Vitrac mérite son anonymat au panthéon des auteurs. On se sent embarrassé pour les acteurs qui déroulent un texte inepte dans une mise en scène ridicule. Quelle mauvaise surprise d'assister attéré à ce naufrage où pour provoquer les rires, cette pièce stupide utilise le comique sans finesse; Palme d'or à l'idée de la visiteuse pétomane. L'embarras devient gêne, puis honte à tel point que, pour la première fois depuis vingt ans, on s'en va en catimini avant la fin dela pièce, "honteux et confus, jurant mais un peu tard qu'on ne l'y prendrait plus".
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J
C'est dommage de ne rien dire de Lorant Deutsch... que vous oubliez chère Juliette dans la distribution, c'est le mépris au pouvoir ?
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