UN OPÉRA VRAIMENT COMIQUE
Pas très habituel d’assister à un spectacle totalement musical dans le créneau du théâtre pour la jeunesse. Cette fois, c’est d’une parodie qu’il s’agit. De la musique et des chanteurs d’abord, des cérémonies de mariage stéréotypées ensuite. C’est vraiment cocasse. C’est même carrément bouffon. Et ça plaira sans aucun doute aux adultes. « Je vais toujours dans l’excès » clame un des personnages. Il n’a pas tort, car pour ce qui est du déphasé, c’est corsé. Derrière le prétexte anecdotique d’une noce préparée de longue date et soudainement fracassée par refus de dire oui, se cache un plaisir braque de délirer dans et sur de la musique, de chambrer les manies des divas et des musiciens avec un côté branquignol pour le moins jubilatoire, de rendre loufoques les règles du protocole, de se gausser des extravagances des toilettes.

Ne parlons pas des paroles des chansons. Elles ne pouvaient qu’être bouffonnes. Mais tout est à l’avenant : maquillages outranciers, gestuelle déjantée, costumes caricaturés, objets hétéroclites et inusités. Tout cela restant d’une cohérence esthétique irréprochable et débouchant sur un cocktail déton(n)ant où la classique scène de ménage prend des allures de typhon mondain !
Mené tambour-battant Voilà un piano qui sert de castelet. Puis des gants de boxe qui témoignent à quel point ça chauffe dans le couple. Une pièce montée à démonter. Des victuailles à se goinfrer. Des accessoires en bric à brac. Des courses poursuites en cavalcades. Des duos de duels de voix. Des chaos sonores et des refrains guillerets. Des protagonistes énervés, excédés, jetant de l’huile bénite sur les feux conjugaux laïques, excitant les querelles, se gaussant des conventions.
Qui cherche une introduction plaisante à l’opéra trouvera ici son compte. Il aura de quoi dire sur la mélodie, les rythmes, les dissonances, les harmonies, la voix… Cette comédie-vaudeville-opérette est menée tambour battant. Elle emmène le public et l’action comme une capitaine de majorettes entraînerait ses troupes vers une pente savonneuse tout en persistant à leur faire jeter en l’air leur bâton et leurs gambettes. Subsidiairement, se posent aussi les questions de savoir pourquoi on se marie : si c’est pour l’apparat et les invités, si c’est pour satisfaire aux normes ou si c’est pour concrétiser un amour.
Michel VOITURIER
www.ruedutheatre.info
Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public à Huy le 19 août 2007
Texte : Cécile Cozzolino
Mise en scène : Denis Mpunga
Distribution : Zahava Seewald, Régine Galle, Madiha Figuigui, Daniel Barbenel, Laura Lamouchi
Scénographie et costumes : Nolwenn De Couesnongle
Chorégraphie : Dominique Duszynski
Musique : Philippe Tasquin
Éclairages : Marc Lhommel
Production : Théâtre Musical Possible (Bruxelles)
Public : 8-16 ans
Durée : 50’
Photo © Stefano Ricci