Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.
Le Théâtre du Balcon accueillait récemment André Morel dans une adaptation des « Misérables », de Victor Hugo.
Ça fait plaisir de voir quil y a encore des grandes gueules au théâtre et dans la vie. Des grandes gueules comme Victor Hugo et comme André Morel. Des pas « corrects » ; des qui disent ce quils pensent vraiment ; des qui sen foutent de déranger ; des qui fouillent là où se planquent lidéologie des puissants et la rapacité des « filousophes » ; des qui disent merde aux exploiteurs de tout poil ; des qui défendent le déclassé, le rejeté, le pointé du doigt, le regardé de travers, le différent, le pauvre, celui qui émerge à peine d« un trou de boue dans une caverne de nuit ».

André Morel a toujours été, à ma connaissance, du « mauvais » côté. Cest pour ça que je laime bien, même si je préférerais le voir sur scène en interaction avec dautres comédiens.
Il a construit, avec ces « Portraits flashs », une adaptation intelligente, malicieuse et émouvante des Misérables. Le comédien restitue la parole hugolienne avec force et sobriété. En voilà un au moins qui fait suffisamment confiance au verbe du poète pour nous toucher, ce qui nest pas toujours le cas au théâtre. Lhumour aussi est présent : lidée de faire lire les « fiches de police » des principaux personnages par des spectateurs est à cet égard intéressante. Ainsi, le public est sans doute encore plus impliqué dans lhistoire qui nous est contée.
Au final, Les Misérables, portraits flashs sont un spectacle en rouge et noir, touchant, digne et remueur de consciences.