BOBO DE NYMPHO La quarantaine un brin désabusée, une « bobo » obsédée par le sexe égrène ses confidences sur scène. Un rôle justement taillée à la mesure de Sophie Mounicot, dans une mise en scène inventive et efficace.
Quand on a tout juste quarante ans (depuis déjà quelques années), une fille vraiment adorable (mais beaucoup trop adolescente) et une kyrielle d’ex-hommes de sa vie, assumer son âge, sa maternité et son célibat n’est pas toujours chose facile. Et quand la coupe finit de déborder, Sophie Mounicot décide de prendre le taureau par les cornes… et de fuguer. Une fugue qui la conduit tout droit sur la scène du Théâtre du Monte-Charge où elle déverse ses rancunes, ses frustrations et ses regrets. Avec un humour à la fois cynique et trivial qui fait le délice de certains.

Droite, dans sa magnifique robe de velours vert, Sophie Mounicot incarne à merveille cette quadra malheureuse et bougon, qui nous parle de sexe quand elle rêve d’amour et de désir quand elle pense reconnaissance. Servie par ailleurs par sa naturelle voix chaude et suave, elle joue des intonations avec grâce. Et de ses autres atouts avec… talent !
On peut cependant regretter que le texte se focalise trop souvent crûment sur les choses du sexe. Même s’il s’agit ici avant tout d’une question de goût, en livrer un peu plus sur les relations mères-filles, par exemple, aurait apporté davantage de consistance au personnage.
Reste que le texte est bien écrit et surtout superbement mis en scène par Roland Marchisio. Dont la scénographie rythme le spectacle et suggère les différents personnages évoqués par la comédienne par un subtil jeu d’ampoules et de claquement de portes. Ce spectacle d’humour nous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas (encore) connaître. A suivre…
Karine PROST
www.ruedutheatre.info
Sophie Mounicot Au Théâtre du Monte Charge, Place de l’Horloge, tous les soirs à 21h15.
Photo © Karine Prost