COUP DE COEUR - RUEDUTHEATREDINGUERIE MUSICALEDès qu'il arrive sur scène, il commence à faire de la musique avec tous les objets qui l'entourent, même les plus prosaïques. Il joue aussi – très bien – du piano, des percussions, du saxo. Il nous fait entrer très vite dans un univers complètement loufoque et absurde dont on n'a assurément pas envie de ressortir... Patrick Ingueneau semble se définir en effet comme un boulimique du son : il fait de la musique avec tout ce qu'il touche. Ne le voit-on pas jouer avec des moules à tartes, puis une scie égoïne, qu'il sort d'une valise ? Même les bruits les plus courants lui donnent prétexte à s'exprimer musicalement... Il épluche aussi des oignons qu'il coupe devant nous pour les faire rissoler dans une poêle...

Musicien polyvalent, il entame un brillant solo de percussions, sort de scène et revient bien vite avec un saxophone dont il joue un moment, s 'assoit devant un piano... Un réveil sonne qu'il lui est impossible d'arrêter même en le frappant de plus en plus fort avec des marteaux de plus en plus gros, en vain !.. A la sonnerie du réveil succède celle d'un téléphone. C'est le début d'une séquence-gag particulièrement désopilante dans laquelle les messages vont se chevaucher et se répondre en canon tandis que notre personnage, tout en froissant compulsivement des papiers, s'arrache les cheveux de ne pouvoir obtenir ce qu'il demande (passez-moi le Directeur !...).
Un univers burlesque à la Lewis CarollAlors que le plateau du théâtre est de plus en plus envahi par des objets de toutes sortes, jusqu'à ressembler à une sorte de dépotoir, le spectacle évolue vers l'expression d'un univers complètement dingue qui évoque Lewis Caroll. Voilà que notre personnage se transforme en véritable chef d'orchestre d'un ensemble de réveils et pendules ! Lesquels, un peu plus tard, vont se transformer en choeur d'accompagnement de chanteuses...
Tout cela repose, bien entendu, sur une bande son et musique taillée au millimètre près pour soutenir une performance scénique qui, avec son rythme démentiel, semble relever à nos yeux et pour notre génial comédien de l'exploit marathonien. Quand au public, lui, il en redemande...
Henri LÉPINE
www.ruedutheatre.info
Au Ring Théâtre, 13, rue Louis Pasteur, à 21h30.
Tél. 04 90 27 02 03.