UNE RELECTURE TONIQUE DE JEAN GENET Deux Blondes, sœurs jumelles ou copines, jouent aux bonnes avec humour et fantaisie, pour une pièce rebondissante et absurde qui ne manque pas de créativité ! Ce spectacle délirant orchestré par deux comédiennes loufoques propose une relecture de la célèbre pièce
Les Bonnes de Genet. Cette dernière en réalité détournée de son propos d’origine, devient un prétexte au rire. Les deux comédiennes Marie Payen et Aurélia Petit interprètent avec humour et amusement, chacune une bonne. Mais elles ne sont pas tout à fait celles pensées par Jean Genet… Ces deux là sont plus contemporaines et enchaînent les canulars et les gaffes.

Photo © Charles Petit
Le plateau est occupé par quelques éléments de décors qui rappellent celui initialement pensé pour
Les Bonnes avec coiffeuse, lit, et autant d’attributs de bric et de broc détournés ou utilisés de manière comique. A mi-chemin entre le jeu et la réalité, les comédiennes prennent le public à parti, semblent improviser, et grâce à un subtil jeu numérique interfèrent avec le monde extérieur, la vie réelle. Ce morceau décoiffant aborde le thème du "théâtre dans le théâtre" tout comme les Bonnes, il exprime le reflet du double, reflet du monde, et du monde du théâtre en mettant à nu le processus de création. D’emblé le public se trouve projeté sur scène par le reflet que lui renvoie l’écran vidéo. La frontière scénique est ainsi subtilement brisée et permet aux spectateurs d’assister à la mise en scène en directe. Face à cette fausse mise en scène, les spectateurs-acteurs, et les acteurs-spectateurs se mélangent… L’identité, la conscience de soi prend corps dans le reflet de l’autre, et le public aussi se retrouve face à sa propre image.
Le rire pour dénoncer « Comme nous n’avons pas pu obtenir les ayant droits pour Les Bonnes de Genet, nous avons quand même choisi de nous inspirer de l’œuvre pour parler de la hiérarchie, des rapports metteur en scène/comédiennes, de l’exploitation, des abus.. », expliquent-elles sur un ton désinvolte et léger... De là, le spectacle commence, après une ‘chorégraphie’ expressionniste, C’est à la retranscription du travail de création que le spectateur assiste. Les espaces scéniques sont brisés, et le jeu s’étend jusque dans les coulisses et le hall de Chaillot. Ce dessous des cartes est révélé dans le burlesque, et au final, la représentation de ce monde apparaît plutôt sympathique. Il s’agit bien d’un spectacle où les spectateurs s’amusent à voir les comédiennes s’amuser.
Laure DUBOIS (Paris)
Texte de Marie Payen et Lazare Boghossian
Mise en scène et interprétation : Marie Payen et Aurélia Petit
Collaboration artistique : Pierre Maillet, Zakariya Gouram, Olivia Grandville.
Infos pratiques : Théâtre National de Chaillot (Studio) du 25 Avril au 2 Juin 2007
Visionner un extrait vidéo du spectacle : La Cage aux blondes.