Les pièces écrites par le dramaturge et metteur en scène Franc-Comtois Jean-Luc LAGARCE sont de plus en plus jouées. Considérées comme des classiques de la fin du 20e siècle, elles occuperaient aujourd’hui le troisième rang en France après celles de Molière et de Shakespeare, et sont traduites en 12 langues. Cet auteur, en avance sur son temps, n’était pourtant guère connu au moment de sa mort, du SIDA, le 30 septembre 1995, à l’âge de 38 ans. Les metteurs en scène Jean-Pierre Vincent, puis Joël Jouanneau ne découvrent son écriture qu’après sa disparition. Mais son purgatoire a été bref. Onze ans plus tard, il est déjà consacré. Il aurait eu 50 ans en 2007. Et l’année de cette commémoration vient d’être lancée à Strasbourg,
avec un premier colloque organisé par l’Université Marc Bloch - Strasbourg II - Département des Arts du spectacle et le TNS intitulé «Les problématiques d’une œuvre », qui s’est tenu du 18 au 20 octobre 2006.

Le lancement de la saison 2006-2007 du TNS a par ailleurs été très "lagarcien" avec la programmation de la pièce "Nous les Héro", mise en scène par Guillaume VINCENT, ainsi qu’"Illusions comiques", la dernière création d’Olivier PY, en mars 2006 au Centre dramatique national d’Orléans, dédiée à Jean-Luc LAGARCE (en tournée jusqu’en mars 2007). C’est l’occasion de parler de son écriture, de ses thèmes et de son théâtre…
Né en 1957 à Héricourt près de Montbéliard, fils d’un ouvrier de chez Peugeot, il crée en 1978 la compagnie amateur du Théâtre de la Roulotte avec des amis du Conservatoire national de région (qui deviendra professionnelle en 1981), avant d’achever ses études de philosophie à Besançon en 1980, et de se consacrer définitivement au théâtre.
L’inventeur d’une écriture constitutive d’une langue très particulière Jean-Luc LAGARCE aimait écrire, ne cessait d’écrire. Ses phrases sont simples, d’apparence banale et pourtant complexes. Car il n’y a pas de suite logique. La majeure partie de ses mots lui échappaient. Son œuvre recèle pourtant une profonde cohérence et unité. Ses textes expriment non pas un style mais une véritable langue, à la fois très écrite et constamment en train de se réinterroger elle-même. Lorsque je me lance dans une narration, je dois nécessairement revenir à mon point de départ. Cela induit une écriture fragmentaire, faussement répétitive. Les allers-retours sont incessants. Les phrases s’étonnent et se reprennent sur les modes ou les temps des verbes. Des silences s’imposent. C’est la quête inlassable de la profondeur du sens. Comme s’il fallait toujours s’y reprendre à deux fois, au moins, pour réussir à trouver le mot juste. Comme si l’on découvrait toujours en disant autre chose que ce que l’on avait prévu de dire. Celui qui parle ou celui qui pense semble se demander toujours : est-ce bien ma langue, est-ce bien moi qui trouve à m’exprimer ainsi, est-ce le bon moment pour parler ? Cette langue induit une respiration, un phrasé particulier avant d’être porteuse de sens. Les répétitions s’inscrivent dans l’inconscient. Les rapports à l’autre sont complexes, ne vont jamais de soit, sont toujours inaccomplis, indirects. Car comment peut-on véritablement entendre et comprendre ce que dit l’autre, alors que l’on ne parvient jamais vraiment à être soit ? Ce rapport à soit et au monde est ainsi naturellement théâtralisé. Et l’on peut dire qu’il y a des liens dans la forme avec le cinéma de Jacques TATI. Il savait qu’il continuerait à vivre après sa mort dans le théâtre.
Se sachant condamné par le SIDA, c’est peut être ici le ressort secret du mystère de son extraordinaire créativité, de la forme qu’il a inventée, de la volonté farouche de creuser un sillon jusqu’à son dernier souffle.
Une écriture au service d’un théâtre de l’intime et de l’introspection Les histoires racontées par Jean-Luc LAGARCE ne parlent pas de la fureur du monde. Elles paraissent monotones. Elles ont un début, une fin, et l’on sait ou et pourquoi elles se déroulent. Mais l’essentiel du drame se situe ailleurs. Car si les drames exprimés ont généralement déjà eu lieu, ils restent à expliquer, à énoncer. Les personnages, confrontés à une identité fragile, se tiennent toujours à distance du présent. Confrontés à une urgence existentielle, ils cherchent à reconstruire sans cesse, à réinventer leur mémoire et leur histoire, tout en se disant que c’est impossible. La simplicité des questions qu’ils posent masque leur profondeur. Comme celles de Tchekhov elles concernent l’existence de l’homme. Elles nous interpelle tous et nous permettent de mieux comprendre nos expériences de vie. C’est sans doute pour cela que ses pièces sont de plus en plus jouées.
Deux thèmes dominants se retrouvent, de pièce en pièce : le rapport à la famille, réelle ou supposée, et le rapport au théâtre, souvent indirect à travers la vie d’une troupe, qui constitue d’ailleurs également une famille. La notion même du théâtre se situait au cœur de sa nécessité d’écrire.
Jean-Luc LAGARCE observait tout le temps les gens, et s’intéressait à la férocité des rapports humains et à la solitude. Mais il savait en parler avec tendresse. Cela se manifeste par des ruptures dans le texte, toujours relancées, à la recherche de la vie. Ses personnages sont en état de doute, d’incertitude, dans un entre deux, car ils éprouvent une difficulté à être et à le dire. Ils se tiennent donc comme à distance des mots qu’ils prononcent et aussi des autres. La tonalité est généralement dramatique, mais la gravité se mélange parfois au burlesque.
Des pièces à jouer qui soulèvent des questions spécifiques Ses textes sont généralement difficiles à comprendre à la première lecture, et aussi difficiles à mémoriser. Ils comportent le plus souvent plusieurs niveaux, empilés les uns sur les autres, avec des ruptures, des accidents, qu’il convient d’appréhender. Et ses dialogues se perdent souvent vers des monologues. Les répétitions et les discours se démultiplient en une très forte choralité. Les comédiens qui ont connu cette expérience disent que lorsque l’on joue plusieurs pièces de Jean-Luc LAGARCE l’on perçoit une très profonde unité de forme et de fond, qui se traduit par une langue et une respiration très particulière.
Ses pièces imposent très profondément de chercher à faire vivre le jeu du silence. Le comédien Gaël CHAILLAT, formé au TNS entre 1998 et 2001 écrit à ce sujet : « Les pièces de LAGARCE offrent principalement un choix de scène avec de nombreux personnages. A part « Les règles du savoir-vivre dans la société moderne » qui est un monologue et « La place de l’autre » qui est un dialogue, au minimum trois personnages habitent la scène. Certaines scènes réunissent plus de six ou sept personnages en même temps, dont certains se taisent pendant de longues minutes – mais cela ne veut évidemment pas dire qu’ils « n’existent pas ». LAGARCE pose une question fondamentale au théâtre : qu’est ce que je fais quand l’autre parle ? Je l’écoute ? Je l’ignore consciemment ? Je suis ailleurs ? Qui est-ce que je regarde ? Et pourtant ma réplique approche à grands pas, je ne dois pas la rater, et surtout sentir d’où elle va jaillir pour qu’elle soit « juste ». Celui qui s’exprime ressent toujours comme un malaise vis à vis de son interlocuteur, car il perçoit que sa parole ne sera jamais suffisamment vraie et authentique, ni prononcée au bon moment.
Jean-Luc LAGARCE metteur en scène, ou une autre façon d’appréhender son écriture Jean-Luc LAGARCE est aujourd’hui connu comme dramaturge, mais était surtout perçu comme un metteur en scène avant sa disparition. Il a d’abord travaillé sur des pièces classiques (Le Malade imaginaire de Molière : il avait cherché à valoriser la face sombre de cette pièce, La Cantatrice chauve de Ionesco…), avant de mettre en scène ses propres textes. Toute cette histoire est passée, mais elle demeure très prégnante dans la mémoire des comédiens qui l’ont vécue. La table ronde réunissant les comédiens François BERREUR (actuel directeur des Solitaires intempestifs), Michèle FOUCHER, Christine JOLY, Elisabeth MAZEV et Gilles MOREL (héritier testamentaire de Jean-Luc LAGARCE), a permis de la faire revivre. Ils racontent…
Jean-Luc LAGARCE coupait parfois ses textes, mais ne procédait jamais à une réécriture. Ses pièces étaient livrées pour l’éternité et considérées comme sacrées par ses acteurs. Mais ce n’était pas un metteur en scène dirigiste. Il était très généreux et fidèle en amitié. Il possédait une immense culture littéraire et cinématographique et aimait raconter des anecdotes, dans un flot de paroles. Il ne parlait pas en revanche de ses textes. Il n’exprimait aucune vision globale de la pièce. Il ne voulait rien en dire, ne pas travailler sur leur structure, sans doute par pudeur d’auteur. Il formulait parfois des propositions de mise en scène, de positionnement, avec ses mains, sans vraiment analyser le jeu de l’action, en recherchant plutôt le langage du corps. Il éprouvait une totale confiance envers le groupe des acteurs qu’il avait choisis, qu’il regardait comme une famille. Il s’alimentait de leur écoute en cherchant à leur renvoyer des propositions subtiles. Elles concernaient parfois des échecs de narration. Ses pièces, et le travail avec lui était comme un voyage. Il ne prenait jamais la ligne droite mais le chemin le plus long possible pour aller d’un point à un autre. Il s’agissait d’une marche en avant à travers le texte, une route que l’on prend sans avoir dessiné auparavant la carte, sans avoir trop l’impression de savoir où l’on va, en le sachant pourtant, avec des accidents, le chaos d’un chemin, puis le calme d’un paysage de dunes. Il fallait s’égarer au cours de cette promenade, accepter de se laisser aller, en sachant qu’il vous ramènerait. Cette démarche imposait une très grande souplesse et une disponibilité totale de la part des acteurs.
Bernard EVEN (Strasbourg)
Plusieurs expositions itinérantes consacrées à Jean-Luc LAGARCE, metteur en scène et directeur de troupe, sont programmées au cours de cette année 2006-2007.
Voici la liste chronologique des 27 pièces de Jean-Luc LAGARCE, écrites entre 1977 et 1995, toutes publiées par la maison d’édition des Solitaires intempestifs, qu’il avait créée en 1992 avec François Berreur :Les Solitaires Intempestifs est le titre d'un collage réalisé par Jean-Luc Lagarce en 1987 qui portait le titre initial de 1957-1987 avec sous-titre « Et comble d'injustice, les jeunes gens d'aujourd'hui sont plus beaux que nous ne l'étions ». Ce n'est qu'en 1992 que Jean-Lagarce trouva les moyens financiers de réaliser ce spectacle. L'idée "d'avoir trente ans" avait disparu - Jean-Luc Lagarce est né en 1957 - et restait, peut-être, présent comme la promesse d'une nouvelle histoire, le personnage de l'écrivain, dans Par les villages de Peter Handke, et les paroles de Nova : (...) dans vos crises de désespoir vous avez peut-être constaté que vous n'êtes pas du tout désespérés. Désespérés, vous seriez déjà morts. On ne peut pas renoncer ; ne jouez donc pas les solitaires intempestifs : car si vous continuez à avoir de l'inclination pour vous-mêmes, ne voyez-vous pas dans l'abandon où vous êtes une lueur des dieux ? (...) Le ciel est grand. Le village est grand. La paix éternelle est possible. Ecoutez la musique de caravane. Suivez le son qui pénètre tout, englobe tout, rend compte de tout, redressez-vous tout en mesurant et sachant, soyez vers le ciel. Voyez danser les pulsations du soleil et fiez-vous à votre coeur qui bout. Le tremblement de vos paupières c'est le tremblement de la vérité. Laissez s'épanouir les couleurs. Suivez ce poème dramatique. Allez éternellement à la rencontre. Passez par les villages » : Jeudi 9 janvier 1986, 20 h 20, Aoste (Italie), Etrange mélancolie, oui. Pas de désespoir intempestif incontrôlé, non, seulement mélancolique, solitaire (bientôt vingt neuf ans), Jean-Luc Lagarce, Journal, Cahier X.
Erreur de construction (1977), sa première pièce : les mécanismes les plus simples de notre langage, répétés à l'infini, peuvent-ils être l'essence même d'une représentation théâtrale ?
La Bonne de chez Ducatel (1977).
Carthage, encore (1978) : Après la catastrophe, ils sont bloqués là et rêvent de partir, de s'en sortir, s'enfuir. Mais comme la solidarité n'est pas leur fort, ils n'arrivent pas à grand-chose. Cette pièce est lue sur France Culture pour la première fois dès 1979.
La Place de l’autre (1979) : Où il ne s'agit que de prendre celle de l'autre, mettre en œuvre des ruses et des stratégies...
Voyage de Madame Knipper vers la Prusse Orientale (1980) : Sur la route de l'exil, des gens qui possédaient tout et viennent peut-être de tout perdre, se racontent le long voyage de Madame Knipper allant rechercher le corps de Tchekhov.
Ici ou ailleurs (1981) : De ces vies éparses les responsables voudraient qu'il écrive l'histoire, en est-il capable et est-ce que cela l'intéresse ?
Les Serviteurs (1981) : A l'étage Monsieur et Madame ont peut-être disparu, mais chacun en bas assure son service et sa fonction.
Noce (1982) : Dans une petite ville, un homme, un monsieur, une dame, une femme et une jeune fille veulent assister à tout prix à une grande noce, qui doit réunir des centaines d’invités. Ils ne sont pas invités mais ils veulent y participer. Bien vite, une ambiance burlesque et surréaliste est au rendez-vous…
Vagues souvenirs de l’année de la peste (1982) : Ils ont fui la peste de Londres. C'est la fin de l'année, ils reviennent. Comme tous les soirs, ils campent ensemble par la force des choses. Ils racontent ce qu'ils vécurent et tentent difficilement de vivre ensemble dans la catastrophe.
Hollywood (1983) : Un soir, à Hollywood, lors d'une réception, des personnages fictifs ou réels, racontent leurs vies. Est-ce qu'ils ne pourraient pas jouer leur propre personnage, interpréter leur propre histoire ?
Histoire d’amour (repérages) (1983) : Un homme et une femme retrouvent un autre homme avec qui ils vécurent une histoire d'amour. Ils l'ont quitté pour vivre tous les deux ensemble. L'homme seul, aujourd'hui, le jour des retrouvailles lit la pièce, le récit de leur histoire, telle qu'il veut s'en souvenir, telle qu'il l'imagine.
L’Exercice de la raison (1983) : pièce inédite, à paraître en février 2007.
Retour à la citadelle (1984) : Le Nouveau Gouverneur arrive. Il vivait là avant et il n'était pas très bien considéré. Dans la capitale, il a réussi, ou bien le monde a tellement changé que les anciens voyous exercent désormais le pouvoir. Il retrouve sa famille, ses faux amis ; sera-t-il revanchard ? Mise en scène par Jean-Charles Mouveaux, au Théâtre du Marais à Paris, du 24 janvier au 1er avril 2007 ; mise en scène de François Rancillac à l’automne 2007.
Les Orphelins (1984) : Lorsque le Père mourra, les trois fils réussiront-ils à se partager son héritage, sa maison et la femme qui est là et qui semble si indifférente ?
De Saxe, roman (1985) : Le jeune prince de Saxe avait tout quitté, son royaume et ses sujets, pour aller sur les routes et faire du théâtre avec deux aventuriers. Ils reviennent le chercher, perdu dans son palais et dans ses rêves.
La Photographie (1986) : C'est l'histoire de gens qui se sont perdus de vue, qui se retrouvent, et qui se souviennent qu'ils se connaissaient, "avant ", quelques années auparavant.
Derniers remords avant l’oubli (1987) : Pierre, Paul et Hélène se sont aimés il y a vingt ans. Paul et Hélène sont partis ensemble, puis se sont mariés chacun de leur côté. Pierre est resté seul dans la maison de campagne qu’ils ont partagée et qu’aujourd’hui Hélène veut vendre. Vingt ans après, ils se retrouvent pour solder les comptes. Chacun a construit sa vie "avec femme et enfant". Il s'agit de se partager les biens, ce qui reste de l'utopie d'une jeunesse. Mise en scène par le collectif DRAO les 5 et 6 décembre 2006 à l’Apostrophe de Cergy ; et mise en scène de Luc Sabot, au CDN de Montpellier, du 27 février au 3 mars 2007.
Music-Hall (1988) : Dans un temps suspendu entre music-hall, cabaret et bal musette, trois zozos, partent sur la trace de leur spectacle, puis de leur propre histoire en jonglant avec les aléas de l’un ou de l’autre. Mise en scène de Georges Appaix, au Théâtre de la Minoterie à Marseille, à partir du 13 février 2007.
Les Prétendants(1989). Tous les personnages qui composent la vie d'un centre culturel de province se retrouvent à l'occasion de la nomination d'un nouveau directeur. C'est l'occasion de mettre en place un "nouveau projet"...
Histoire d’amour (derniers chapitres) (1990) : S’invente en pièce de théâtre devant le spectateur. Cette apparente complexité du texte n’existe pas par goût de l’effort gratuit ou par espièglerie mais par nécessité. Nécessité de la formulation, de la re-formulation devant ce qui reste le plus difficile à raconter.
Juste la fin du monde (1990) : Le fils retourne dans sa famille pour l'informer de sa mort prochaine. De cette visite qu'il voulait définitive, le fils repartira sans avoir rien dit. Ce texte a été écrit lors d'un séjour à Berlin dans le cadre d'une bourse Léonard de Vinci. Cette pièce, essentielle dans sa démarche d'écriture, Jean-Luc Lagarce l'a reprise presque intégralement dans le dernier tiers du « Pays lointain ». Elle forme une sorte de diptyque avec « J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne ». Mise en scène de Anne-Margrit Leclerc, Théâtre La coupole à Saint Louis ; et mise en scène de François Berreur à l’automne 2007.
Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne (1993) : Sur les codes de conduite qui régissent les groupes sociaux comme nécessité face à la peur du désordre. Il suffit de savoir qu’en toutes circonstances, il existe une solution, une explication aux problèmes, car la vie n’est qu’une longue suite d’infimes problèmes, qui, chacun, appelle et doit connaître une réponse.
Nous, les héros (1993) : Après la représentation, on chante une fois encore, on joue de petits sketches idiots, on imite, on hurle de rire et parfois, aussi, on se laisse aller à la nostalgie. Ce soir, la fille aînée du directeur et de sa femme, se fiancera, dans les coulisses, avec le jeune premier… Mise en scène par Guillaume Vincent au TNS en octobre 2006, puis en tournée ; et mise en scène de Michel Belletante, à l’Amphithéâtre du Pont de Claix, à partir du 2 mars 2007. Nous, les héros (version sans le père) (1993) : Ce texte est identique au précédent mais sans le personnage du père. En effet, Nous les héros fut écrit pour les acteurs jouant dans sa mise en scène du Malade imaginaire, l’acteur devant jouer le rôle du père n’étant pas disponible, Jean-Luc Lagarce a supprimé le personnage et réécrit la pièce.
Le Voyage à La Haye (1994) : La vie prend d’autant plus de sens qu’elle va prendre fin. Un texte largement autobiographique. Un homme de théâtre atteint d’un mal incurable raconte son histoire : voyage à La Rochelle, puis à La Haye, son anniversaire, peut-être le dernier ? Mise en scène par Olivier Coyette, au Théâtre Le public de Bruxelles, en novembre et décembre 2006 ; et mise en scène de Marie-Pierre Horn, le 23 novembre 2006 à l’ARC de Rezé, puis en tournée.
J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne (1994) : Ecarté de sa famille, un jeune homme revient après la mort de son père terrible. Cinq femmes l'attendent dans la maison de l'enfance. Mais est-il vraiment revenu ? Un poème dramatique, une tragédie de l'attente. C'est une lente pavane des femmes autour d'un lit de jeune homme endormi. Le sourd ballet des filles et leurs éclats parfois, leurs haines rentrées qui explosent soudain, les cris et les chuchotements, le règlement des comptes et les derniers déchirements avant l'apaisement définitif, désespéré. Une création 2005 de la Compagnie Le Gourbi bleu, mise en scène par Sandrine PIRES, rejouée au TAPS Scala de Strasbourg du 10 au 15 octobre 2006.
Le Pays lointain (1995), sa dernière pièce : Lancinante balade au royaume des moribonds et des fantômes, Le pays lointain est la dernière pièce écrite par Jean-Luc Lagarce. Se sachant condamné, un homme, enfant d’une famille nombreuse, revient où il est né au milieu des siens après une longue absence, renoue avec les disparus, en tire d’ultimes expériences de vie pour mettre de l’ordre dans son passé, afin de préparer la suite… Mise en scène par Rodolphe Dana, le 17 novembre à Noisiel, puis à Malakoff, au Théâtre de la Bastille à Paris du 4 au 10 décembre 2006, Antony.
Autres pièces mises en scène par Jean-Luc Lagarce :
Le Malade imaginaire, de Molière. La Cantatrice chauve d’Eugène Ionesco : recréation avec l'équipe originale des comédiens, au Théâtre de l’Athénée - Louis Jouvet à Paris du 18 janvier au 17 février 2007, puis en tournée jusqu’en mars 2007.
Autres colloques et rencontres : notamment à Nîmes du 15 au 20 janvier 2007 ; au Théâtre de la Colline à Paris en février 2007 ; à Paris-Sorbonne les 8 et 9 juin 2007 ; Besançon en novembre 2007 ; Paris III et le Théâtre de la Colline en janvier 2008…
Un site très complet consacré à l'année Lagarce permet de suivre cette actualité qui marquera les années 2006-2007 :
www.lagarce.net