ÉBRIÉTÉ DIONYSIAQUEMomboye mélange la danse occidentale à la danse africaine, et les corps passent de l’image de l’homme à l’image de l’animal ; des métamorphoses inspirées par des peintures primitives colorent la double représentation autour de Debussy et Stravinsky. Les corps de Georges Momboye et ceux de ses danseurs semblent s’observer, se toucher pour comprendre la puissance de chaque détail de la chair, de chaque muscle tendu. Ils sentent leurs peaux. Les danses regorgent d'ébriétés et de joie, mais débordent vite dans des conflits de groupes ou des duels.

Dans
Prélude à l’après-midi d’un faune, musique de Claude Debussy, Thomas Guei, musicien percussionniste, joue du djembé, marche en parcourant une route de lumière sur le plateau dans la pénombre. Il semble évoquer un rêve. Il disparaît, et Momboye apparaît au centre, sur une petite base carrée, son lit, au-dessus duquel un lampadaire est suspendu. Le chorégraphe prend conscience du lieu par la plante deses pieds, et, pendant que le lampadaire se lève et s’abaisse, éloignant et rapprochant la réalité, il se dénude progressivement en jouant avec son corps. Il disparaît. A l’improviste, une femme apparaît et disparaît. Momboye réapparaît, et à la place de la femme reste son vêtement. L’homme mime un faune et s’unit au vêtement de son rêve.
Le Sacre de printemps, musique d’Igor Stravinsky, chorégraphié par Momboye, s’enchaîne à la première danse. Sur un plateau vide, les corps de douze danseurs et de quatre danseuses, des corps noirs et blancs, commencent une scène qui ressemble à une soirée quotidienne dans une rue, occidentale ou africaine. Les jeux entre les danseurs sont des chorégraphies de groupe où les corps semblent imiter les mouvements des félins ou des oiseaux, ce sont aussi des expressions de désir, des actes de bataille pour s’aimer ou se refuser. Enfin, le corps de Momboye, transformé en faune comme dans la chorégraphie précédente, revient sur scène pour initier les corps à un rite effréné : pieds contre le sol, tête et bras secoués, jusqu’à que tous les danseurs tombent, épuisés et libérés de leur réalité.
Dans ces deux chorégraphies, Georges Momboye mélange le jeu et le rite, éléments des cérémonies dionysiaques grecques. Momboye crée un cri de danse par une écriture corporelle complexe et personnelle, dans un rythme charnel, riche des temps anciens de l’art et de l’histoire.
Mattia SCARPULLA (Paris)
Prélude à l’après-midi d’un faune, musique Claude Debussy, et
Le Sacre du printemps, musique d’Igor Stravinski, chorégraphies de Georges Momboye, ont été présentées au Théâtre Silvia Monfort, 3-5 novembre 2006
Informations :
Compagnie Georges Momboye Catherine Herengt / Tel. 01 58 70 00 15
Théâtre Sylvia Monfort Tournée : 28 novembre, Scène Nationale, Bayonne 8 décembre, Espace Jean Legendre, Compiègne 18 janvier 2007, Centre d’Art et de Culture, Meudon 3 février, Maison du Théâtre et de la Danse, Epinay sur Seine 17 février, Théâtre Salieri, Legnano, Italie ( Le Sacre ) 25 avril 2007, Festival au fil d’Avril, Romans 4 mai, Espace Culturel, Thiers 24 mai, Théâtre André Malraux, Rueil Malmaison