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Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

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Bonté divine ! (Paris)

QUATRE RELIGIONS SUR LA SELLETTE

 

Un rabbin, un imam, un prêtre et un moine bouddhiste se retrouvent enfermés dans la même pièce. Que va-t-il se passer ? Peut-être l’occasion de parler calmement de la religion ? Pas si sûr…

 

Bonté divine est un curieux challenge à relever pour le metteur en scène comme pour les comédiens. D’abord parce que c’est avant tout un huis clos. Ensuite parce qu’il est question de traiter de la religion dans notre société à travers ses quatre représentants principaux (le bouddhisme, le catholicisme, le judaïsme et l’Islam).

 


Rien à redire du point de vue de la mise en scène ! L’espace est savamment conçu pour donner tour à tour une impression d’ouverture (symboliquement une ouverture au monde, c’est le cas du début et de la fin de la pièce où sera jouée une conférence de presse devant le rideau rouge) et de parfaite claustrophobie (la moindre issue de secours n’en est jamais vraiment une).

 

Les comédiens rusent pour se déplacer dans cet espace confiné, usant de fauteuils, canapé ou salle de bains microscopiques. Certains meubles recèlent des secrets bassement profanes (des sandwichs miraculeusement cachés) comme parfaitement sacrés (les objets de culte catholique).

 

Un texte trop monolithique

 

Une intrigue avec quelques rebondissements et un maître du jeu,  Roland Giraud. Pour le fond du sujet, regrettons que, paradoxalement, il pêche par son manque de ... profondeur. Les  religions (toutes ne sont pas représentées !) sont introduites de façon bien succincte et les personnages en parlent avec un tel détachement que l’on peut mettre en doute leur foi réelle.

 

Le texte reste avant tout démonstratif. Peu d'évolution psychologique de la part des personnages, faible réflexion originale sur la religion malgré le statut d’expert de l'auteur Frédéric Lenoir sur la question. Le ton reste trop léger, les blagues trop nombreuses et la réflexion philosophique bien mince. Le parti pris déçoit compte tenu de son maître du jeu, Roland Giraud, sensé bouleverser l’ordre de ce huis clos et révéler un secret que l’on anticipe assez facilement.

 

Laetitia HEURTEAU (Paris)

 


Une comédie de Frédéric Lenoir  et Louis-Michel Colla
Mise en Scène Christophe Lidon
Avec Roland Giraud, Saïd Amadis, Jean-Loup Horwitz, Benoît Nguyen

Décor : Sophie Jacob  - Lumières : Marie Hélène Pinon
Costumes : Pauline Gallot - Son : Michel Winogradoff

 

Du mardi au samedi à 20 heures

 

Théâtre de la Gaîté Montparnasse

26, rue de la Gaîté
75014 Paris
Tél. 01 43 20 60 56

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