Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

Publicité

Hommage à Molière par la Comédie française (Paris)

UN ANNIVERSAIRE VERSION 2009

 

An « neuf » oblige. Comme chaque année - la date du 15 janvier commémorant le baptême de Molière -, la salle Richelieu de la Comédie Française accueille une série de représentations/hommages. Pour cet événement 2009, la direction artistique avait été confiée à Loïc Corbery, pensionnaire de la Comédie Française.

 

Du 15 au 18 janvier 2009, l’hommage de la troupe du Français à son cher patron s’est répété et ce, de façon parfaitement inédite. En duplex d’un théâtre de la République tchèque où une partie de la troupe est actuellement en tournée, Muriel Mayette a célébré le jour J, l’hommage à Molière, tandis que la troupe venait sur le plateau, comme de coutume saluer le buste de Molière.

 

Cette année, c’est non seulement les textes de Molière qui ont été mis à l’honneur à travers une série d’extraits de scènes (L’Avare, Le Bourgeois gentilhomme, La Critique de l’Ecole des Femmes, Dom Juan, etc…) jouée de façon parfaitement décalée, mais c’est aussi l'image que nous pouvons avoir de la Maison de Molière qui a été ici repensée pour nous faire découvrir les mille et une richesses de cette « ruche » en perpétuelle effervescence.

 

Le spectacle s’est ouvert avec l’apparition d’un certain Monsieur Loyal qui nous rappelait avec une exactitude d’horloger toutes les dates et nombres de représentations des pièces de Molière. Des textes d’auteurs de théâtre rendant hommage à Molière ponctuaient la représentation. Pour l’occasion, les décors étaient ceux du Bourgeois gentilhomme. Des défilés représentant tous les corps de métiers de la Comédie Française étaient mis en lumière par des textes signés Agathe Sanjuan.

 

Un Molière joyeusement dépoussiéré

 

« Notre maison recèle tant de trésors, d’objets, de costumes, de toiles, de meubles célébrés le temps de quelques représentations, puis entreposés dans nos ateliers, qu’il est bon de leur redonner vie le temps d’une soirée », nous avait précisé Loïc Corbery.

 

Le spectateur fut grisé de voir ces brillants défilés de costumes, accessoires, perruques, toiles, illustrer avec grâce les scènes attendues ou inattendues des pièces de Molière. Ces défilés et la musique de Lully qui les accompagnaient, auraient sûrement plu à Jean Cocteau qui avait mis également en scène des têtes d’homme- cheval défilant dans son dernier film, « Le Testament d’Orphée ».

 

Le choix des textes (Hugo, Copeau et bien d’autres) a souligné l’incroyable énergie de l’auteur et comédien qui, malgré les critiques de son temps, a su poursuivre son œuvre avec foi jusqu’à la dernière heure. Le témoignage bouleversant d’une rescapée d’Auschwitz jouant du Molière dans un camp de concentration, lu par la comédienne Elsa Lepoivre, nous a particulièrement touchés.

 

Drôlerie, poésie, émotion et savoureux pied de nez à la critique de théâtre actuelle (il faut saluer la géniale adaptation de La Critique de l’Ecole des femmes) ont constitué une expérience de théâtre mémorable, comme l’avait souhaité son instigateur : « notre irrévérence étant le gage de notre attachement et de notre respect. » Rendez-vous est de facto déjà pris pour le 15 janvier 2010…

 

Laetitia HEURTEAU (Paris)

 

Comédie Française

Salle Richelieu

Place Colette

75001 Paris

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article