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Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

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L’Affaire de la rue de Lourcine (Paris)

UNE COMEDIE ETHYLIQUE

Lenglumé est englué dans une sale affaire.  Et ce n’est pas sa gueule de bois matinale qui va le remettre d’aplomb. Il suffit d’un fait divers sanglant pour faire vaciller les bonnes mœurs de la bourgeoisie et plonger dans un chaos carnavalesque jubilatoire…

Quand l’alcool est dans l’alcôve, les idées sont brumeuses et les matins douloureux… Rien ne va plus dans le petit intérieur bourgeois de Lenglumé. Pendant que Norine, femme aimante, s’agite dans tous les sens, pour préparer le baptême du dernier né du cousin Potard, Justin, le domestique flegmatique, découvre les indices de culpabilité d’un Lenglumé, qui a passé sa nuit dehors. Celui-ci, la bouche pâteuse et le cerveau encore imbibé des liqueurs de la veille, essaie de retrouver ses esprits en se demandant comment il a pu ramener de sa nuit d’ivresse Mistingue, un vieux camarade de classe. Un flou aviné qui laisse la pièce en flottement jusqu’à la lecture du fait divers, relatant le terrible assassinat d’une jeune charbonnière, rue de Lourcine qui relance l’action. Oui, mais le journal date d’il y a vingt ans ! Les coïncidences servent les quiproquos cocasses, Lenglumé et Mistingue noient leur chagrin dans l’alcool et leurs doutes en chansons.


Boulevard du crime…


Le vaudeville part à vau-l’eau et commence à voguer dans la fantaisie pour tanguer au final dans un absurde qui dépoussière un texte parfois un peu daté.  L’excentricité, pleine d’ivresse, évolue en folie furieuse d’un petit meurtre entre amis. Les bons mots sont mis en valeur par une mise en scène qui redonne à Labiche ses lettres de noblesse d’auteur satirique. L’Affaire de la rue de Lourcine est avant tout une critique des bonnes mœurs bourgeoises de l’époque.

Le décor est d’ailleurs mouvant, comme les mœurs finalement. Norine fait trembler les portes quand elle passe, et la scène, qui tourne au rouge et penche dangereusement comme une façade prête à s’écrouler,  finit par être vue à travers les yeux avinés du duo d’ivrognes. Jérémie Lippmann, en grossissant le trait des personnages qui virent au grotesque, offre une lecture novatrice du théâtre de Labiche qui finit par flirter avec Becket dans un univers où l’absurde devient le fil conducteur. Le duo Mistingue (Pierre Berriau)/Lenglumé (Yann Collette) ouvre le bal d’une exubérance clownesque riche en couleurs.

Le texte de Labiche s’accorde sur les chansons composées par Ours et  Lieutenant Niholson et renforce sa modernité au rythme d’un reggae endiablé. Le carnaval de personnages continue grâce à la présence pétillante de Christine Pignet en Norine, qui a des allures de petite fille qui cache une bêtise. Sans oublier la double interprétation tout en subtilité d’Alexandre Michel (Justin et Potard) qui canalise l’énergie tourbillonesque de ses partenaires de farce.
 

Ange LISE (Paris)

L’affaire de la rue de Lourcine
De Labiche
Mise en scène de Jérémie Lippmann
Avec Pierre Berriau, Yann Collette, Alexandre Michel et Christine Pignet
Musique originale : Ours et Lieutenant Niholson
Décor et costumes : Laura Léonard
Lumières : Vincent Millet

A la Pépinière Théâtre,
7 rue Louis Le Grand, 75002, Paris

Du 19 décembre au 31 janvier, du mardi au samedi à 21h, matinée du samedi à 16h
Réservations : 01 42 61 44 16
Durée : 1h10



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F
Honnêtement je ne comprends pas comment l'on peut tresser des lauriers de la sorte à l'auteur et aux acteurs de cette pièce. J'ai vu L'Affaire de la Rue Lourcine ce soir, et cette pièce est médiocre de bout en bout.
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